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science exigeoit de nous , comme de notre auteur , beaucoup dedéveloppemens, et Pouvrage est volumineux parce qu’il devoitl’être ; mais on peut en tirer le suc, et le réduire au point qu’ilsorte des mains des amateurs et parvienne dans celles des plussimples agriculteurs. C’est ce que la Société désire vivement, pourrépondre aux vues du Ministre qui a fait les fonds du concours.
Nous Unirons , Messieurs , ce supplément à la Notice surOlivier de Serres , par un rapprochement qui naît des circons-tances , et qui ne peut vous échapper.
Le Théâtre dé Agriculture ou Mesnage des Champs, parOlivier de Serres , fut long-temps un livre classique pour lescultivateurs françois. Ce bel ouvrage avoit paru sous le règne deHenri IV ; on l’avoit oublié sous celui de Louis XIV et de ses suc-cesseurs. L’Empire de NAPOLÉON, si remarquable à tantd’égards , méritoit d’être aussi l’époque de la renaissance d’un livredont la France doit s’honorer, et des hommages dus à la mémoire del’auteur. Si dans les Annales romaines on fait mention de l’annéeoù Auguste devint , par la bataille d’Actium , le pacificateur etl’arbitre du monde, dans la postérité le souvenir de cette annéeest bien plus précieux encore par la date des Géorgiques :
Hœc super arvorum cultu , pecorumque canebam, etc.
Ainsi , dans les titres de gloire du grand siècle qui s’ouvred’une manière si brillante , l’attention donnée aux progrès del’Agriculture ne sera pas un des derniers dont l’humanité tiendracompte j et, en effet, si quelque chose peut augmenter l’éclat deslauriers de Bellone, c’est que ces lauriers servent, comme ceuxde notre Empereur, à couvrir le soc de Cérès.
Au grand NAPOLÉON cet heunmage est bien dû;
Lui seul est de nos champs l’amour et l’espérance :
Sa gloire est de fonder le bonheur de la France Sur la paix et sur la vertu.