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Tome II.
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CINQUIESME LIEU

lmmeurs des personnes. Après avoir es-plumé la teste et les entre-cuisses des cha-pons et des poules, on les met en muedans les cages basses, quon repose enlieu obscur et chaud : ou bien, afin dene voir plus la clarté , comme préjudi-ciable à la graisse, on leur crève les yeux. les chapons sont nourris de pilulesfaictes avec farine de millet, ou davoine,ou dorge, quon j)estrit en eau chaude àmesure quon les leur baille à avaller : àquoi aucuns ad-joustentdes raves hachéesmenu. Deux ou trois fois le jour les paist-on, voire tant quils peuvent digérer leurbaille-on à manger de telle viande, à la-quelle on les accoustume , leur don-nant peu à peu aux jîremiers jours, et ensuite les uns après les autres, leur aug-mentant dordinaire, avec ce jusques ,de ne leur mettre la viande sur viande :cest à dire , de ne leur rebailler à man-ger tant quon sentira au manier du gé-sier y avoir de la mangeaille précédente,ains attendre destre du tout digérée. Cetraictement se faict sans boire, dautantque les pilules ou pelotes portent le bru-vage, lesquelles nouvellement pestries ,et en outre trempées dans leau, sur lepoinct quon les veut faire avaller auxchapons, servent de manger et de boiretoutensemble. Aucunsyad-joustent cestecuriosité, que denfermer chacun chaponou poule dans un panier ou cabas sus-pendu en lacr, par des cordes, à ce tel-lement aproprié, que la teste sorte duncosté pour recevoir la pasture et le cro-pion de lautre pour la vuider et digérer,afin que la fiente ne limportune. Labeste estant au reste, tant à lestroict ducorps , quelle ne se puisse remuer , ainsqu elle demeure tous-jours sur son ventre,

y mettant au dessous du foin ou de lapaille , pour lengarder de blesser. Pluscurieusement que les précédentes, cesvolailles-ci seront esplumées, voire jus-ques sous les aisles, à ce que les poux,vermine , et fiente ne sy puissent arres-ter. Quelques-fois on les re tire de pourles fiüre un peu pourmener, et principa-lement pour leur donner moyen de sepeigner et gratter, en espluchant leurpennage avec le bec. Je ne parle ici desdélices de ceux qui prodigalement fontengraisser des chapons avec de la dragéemusquée , de lanis préparé, et autresprécieuses matières, pour donner goustexquis et délicat à la chair, telles sump-tuosités surpassans lestât modéré denostre père -de-famille , les laissant aceux dont les moyens et voluptés de«meule , marchans ensemble , leur fontcommettre tel excès (29).

Pour fin de ce gouvernement, je dirai p° ur

& ' 1 pnuereer Jet

que les poulailles communes , masles et buijujègastfemelles, ont accoustumé de faiie des Fgrands maux aux blés sur le poinct deleur maturité , lors que pour le voisi-nage de la maison, y peuvent attaindre:et aussi ès pays les gerbes séjournenten laire à descouvert icelles demeurentà leur discrétion. Pour à quoi remédier,convient tenir enfermée toute la poulailledespuis que les blés commencent à meu-rir, jusques à ce que resserrés dans lesgranges et greniers, ils soyent exemptsde telle tempesle. Ce sera dans quelqueschambres claires et esventées quon lesgardera , séparément par leurs espèces, elles seront nourries avec raisonnableordinaire , de grain et deau en abon-dance : pendant lequel séjour, nonobs-tant leur servitude , ne laisseront les