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Tome II.
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CINQUIESM E LIEU

quelle sans nouveau empescliement elleviendra à bout. Mais les paonneaux quien sortiront, ne jiarviendront jamais entelle grandeur que ceux de la premièrecouvée 5 pour la proximité de l’hyver, quileur rabbat l’accroissement. Avec patienceconvient attendre la fin de la couvée, sansl’aller jamais visiter que de l’oeil, et d’as-sés loin : car encores qu’en telle actionla paonne s’affectionne du tout, s’y ren-dant d’opiniastreté comme immobile ; siest-ce qu’à la manier y auroit danger detout gaster, en lui faisant changer d’avis,par importun approche et attouchement:dont le plus seur est de lui laisser parfaireà son aise. Ce qui espai’gne autant desouci : là dessus ne se donnant autre peinela gouvernante , que de tenir prest dugrain pour le donner à la paonne, lorsqu’à ses heures elle vient pour paistre : àce qu’estant promptement avictuaillée,de mesme elle s’en puisse retourner à lacontinuation de son labeur. Au bout d’unmois, les petits seront esclos, avec les-quels la mère reviendra joyeusement enla basse-court, pour se mesler avec l’autrepoulaille. Est à noter, que presques jamaistous les oeufs n’esclovent à la fois, dontavient que la paonne impatiente d’at-tendre les derniers , s’en va avec les pre-miers jiaonneaux, à la ruine des restans ;lesquels se perdent bien souvent par l’im-patience de la mère. Le seul remède àcela est que, s’appercevant de l’heure quela paonne laisse son nid ( comme cela estfaisable, en y tenant l’œil : et est néces-saire de n’obmettre telle diligence ), fautpromptement aller au nid de la paonne,en prendre les œufs restans, puis douce-ment et sans agitation ne délai les porterde ce pas sous une poule couvante, au dé-

faut de laquelle les poserés dans un largepanier parmi de la plume de coette, etajmès les avoir couverts de quelque piècede fourrure, ou de drap de fine laine molet deslié pour y estre chaudement, repo-serés le panier et les œufs dans un fourencores chaud du pain qu’on y aura cuit,où sans doute ils s’achèveront d’esclorre,moyennant que la chaleur du four soitmodérée. Au bout de quelques joursqu’aurés nouri'i ces paonneaux avec pa-reil soin que les d’indons , les remettrés àleur mère en la compagnie des autres.Par leur naturelle sauvaigine les petitsn’osent au commencement approcher desgrands, ne de l’autre volaille : à quoi lamère les incite premièrement par caresses:puis semble les y contraindre par force.Les trois ou quatre premiers soirs de leurnaissance, la mère les couche par les haieset buissons près de la maison, ailleurstoutes-fois qu’en leur nid où elle ne lesretourne plus, auquel temps courent-ilsleur plus grande fortune, à cause de l’im-minent danger d’estre dévorés par lesbestes à toutes estans lors exposés. Pouréviter lequel péril, est nécessaire estre ensentinelle sur la retraicte, pour sçavoir legiste de la mère et des petits, et là les en-clorre dans un petit parc, qu’on leur fera,le remuant à tous les soirs que la mère seremuera: moyennant laquelle peine, quine peut estre que de quatre ou cinq soirs,la couvée se préserveraseurement. Après,lanière les accoustume petit à petit à jus-cher sur les arbres, esquels pour la fai-blesse de leurs aisles ne pouvans voler,elle les y porte sur ses espaules l’un aprèsl’autre, faisant autant de voyages qu’ellea de paonneaux. Le matin venu, la mèresaute du giste en bas, par son exemple