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CINQUIESME LIEU
en ce poinct, que de n’avoir beaucoup deplumes aux pieds ; mesme au bout dequelques ans , n’y en recognoist-on au-cune : ce qui revient à l’utilité du couver ;d’aulant que leurs pattes empennées secliargcans de fange et d’eau, les pigeonsallans à la queste manger et boire, mesmeen temps humide, refroidissent les œufs :et pour la grandeur des plumes de leurspieds jettent les œufs hors de leurs nidsquand ils sortent. Demeurent leurs autresqualités en leur entier ; non pour tous-jours , car à la longue ils dégénèrent encommune race. Alors faudra user de lareformation qui sera monstrée ci-après.
Le chois , . Le nouveau colombier en son commen-cement sera fourni de ces deux races depigeon, de communs et de pattés, paresgal nombre, à ce qu’y en ayant autantde pattés que de communs, avienne deleur accouplement ce que désirés. Letemps est à ce tous-jours bon, pourveuqu’on puisse recouvrer des pigeonneauxà suffisance ; ce que toutes-fois très-rare-ment avient en autre temps , qu’au moisd’Aoust. D’autant que les pères et mèresayans esté traictés à souhait par les pré-cédentes moissons, font abondammentdes petits, esquels rapportans ceste leurbonne nourriture , ils en deviennent qua-lifiés comme il appartient. Si toutes-foispar bénéfice de la saison pourveoyés à cecidès le mois de Mai, tant mieux pour l’ad-£< u vancement d’œuvre. Le nombre sera li-
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pigeons,pour mite selon le bastiment. restant le colom-
U ,.<>u,miü7 u Lier dressé de trois à quatre toises, j’es-time qu’à moins de cinquante ou soixantepaires de pigeonneaux ne le pourroit-onraisonnablement fournir, pour tost entirer contentement. Aucuns n’y vont silargement, mais ceste leur rétention les
retient aussi de manger du fruict de leur
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pigeonnier de plusieurs années, que denécessité convient attendre, pour laisserpeupler le colombier. D’ailleurs quelquespigeons se meurent dans le colombier,avant qu’y estre accoustumés, dont lenombre se diminuant d’autant, l’on treuveavoir failli en ce mesnage, si du commen-cement n’y est largement pourveu.
Ainsi choisis et nombres les pigeon- / Q. u ™ dneaux, seront enlevés d’auprès de leurspèx'es et mères, encores ayans le duvet,un peu devant que les plumes des aislessoyent parvenues en parfaicte grandeur.
C’est le vrai poinct de les prendre j>ourles loger au colombier , où plus jeunes ,seroient en danger d’y mourir de lan-gueur, par faute d’estre convenablementnourris ( autres que leurs pères et mères,en ceste basse aage, ne les paissans dutout selon leur naturel) et plus vieux, nes’y vouloir accoustumer, s’en-fuyans versleur originaire repaire , à leur premièreliberté. Ils seront enfermés dans le co- Et en suitelombier, pour n’en sortir que jusqu’à cequ’ils s’y soyent bien accoustumés, ce quipourra esti’e dans trois sepmaines, peuplus ou moins, tenant closes les fenestresdu colombier, avec des rets ou des treillis,pour n’empescher la clairté, ains seule-ment l’issue des pigeons. Tandis, l’onnourrira les pigeons avec grand soin, leurdonnant à manger deuxfois le jour, pourle moins : et jusqu’à ce que sans aide ,seuls se puissent paistre en bequetant,faudra leur mettre la viande dans le becavec un cornet : par là contref aisant l’ordreque leurs pères et mères tiennent à lesnourrir; comme de mesme fera-on duboire. Mais afin que telle peine terminedans peu de temps, et que d’eux-mesmes