DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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la recouvre , soit entièrement enlevé ; on laplonge une dernière fois pour la rendre parfai-tement cylindrique, ce qui s’exécute avec l’in-dex et le pouce , et on la fait ensuite sécher àune douce température. (P.)
r a ;t 33 , (44) Avant la découverte du Nouveau-Monde
colonnt i, j es 0 j es étoient extrêmement communes en
S 7 France et dans les autres parties de l’Europe , iln’y avoit guère de repas un peu splendide où cetoiseau ne parût avec intérêt sur nos tables, EnAngleterre, on mangeoit une oie rôtie le jourdeNoël, enmémoirede ceque la reine Elisabethen avoit une sur sa table au moment où elle reçutla nouvelle de la destruction de la fameuse ar-mada de Philippe II , roi d’Espagne , qui vouloitenvahir l’Angleterre et détrôner cette reine. Ily avoit autrefois à Paris un marché particulieraffecté au commerce des oies ; ceux qui les ven-doient se nommoient oyers. Long - temps enFrance et ailleurs on a mangé l’oie delà Saint- Martin , et J. C. Frommann a écrit un ouvrageexprès sur cette dernière coutume ( TractatuscuriosusdeAnsereMartiniano.Editiosecunda.JJpsiœ, MDCC XX. In-4 0 .). L’importationdu dindon en Europe a pris la place de l’oie ,à cause de son volume à-peu-près égal, et de sachair beaucoup plus fine et plus délicate. A lavérité les poussins dindes, moins faciles à éleverque les oisons, ne sont pas à l’abri de tous lesévénemens qui menacent leur existence, jusqu’àce qu’ils aient poussé le rouge: l’oie est donc ,de ce côté, supérieure au dindon , et même pourses différens produits ; aussi, dans les Départe-mens où la culture du mays est en considération,et où il y a des pâturages , l’oie est encore cequ’elle étoit il y a un siècle , et il faut convenirque sa chair, ses plumes , son duvet, sa graisse,sa fiente , ne sont à dédaigner en aucun endroitoù les circonstances favorisent sa propagation.
Mais on n’achète pas toujours les oies dans lavue de les engraisser : les gros cultivateurs de laci-devant Beauce sont dans l’usage de les acheterau moment de la moisson , et de les faire con-duire sur les pièces de blé après que les gerbessont enlevées 5 là elles ramassent tout le grainqui seroit perdu sans cette espèce de glanage ,et c’est à-peu-près l’affaire d’un mois, jusqu’aux
Théâtre d’Agriculture } Tome II.
labours d’automne. Quoiqu’on ne les vende en-suite guère plus cher qu’on ne les a achetées,elles 11 ’ont occasionné aucune dépense , et lais-sent cependant pour profit à la ferme ce qu’onappelle le trousseau de la fille , c’est-à-dire leursplumes et leur duvet, et sur les champs où ellesont pâturé , l’engrais de leurs excrémens, outrecelui des étables où elles ont passé les nuits.C’est ainsi que les moutons, qu’on 11 ’achète quepour le parc, sont revendus à-peu-près ce qu’ilsont coûte, n’ont donné lieu qu’à peu ou pointde frais pour leur nourriture et l’entretien duberger , et laissent sur les terres où ils ont par-qué, un engrais excellent, que le cultivateur neremplaceroit que difficilement et en dépensantbeaucoup chargent. ( H. et P.)
CHAPITRE VI.
(45) La grosseur du canard varie infiniment ; Tag«H,il y en a qui, dans le cours de huit à neuf se- c l f° T "'î' ) *’maines, pèsent jusqu’à sept à huit livres (trois àquatre kilogrammes) , tandis que d’autres , dumême âge et de la même race, acquièrent àpeine la moitié de ce poids. On sait qu’il n’estpas nécessaire de les chaponner pour les engrais-ser. Mais quoique cet oiseau chérisse sa libertéau-dessus de tout autre bien, et qu’on ait re-marqué qu’il pouvoit aisément s’engraisser sansêtre renfermé, l’expérience a cependant prouvéqu’on y parvient pilutôt en le mettant sous unemue , en lui administrant une quantité suffi-sante de grain ou de son gras , et un peu d’eaupour seulement mouiller le bec de l’oiseau , au-trement il pourrait s’étouffer. En Angleterre ,on engraisse les canards au moyen de la drêchemoulue et pétrie avec du lait ou de l’eau. Dansla ci-devant Basse-Normandie , où l’on en faitcommerce, parce que le terrein y est humide ,on prépare une pâte avec de la farine de sarra-sin , et on en forme des gobes, avec lesquelles onles gorge trois fois par jour, pendant huit à dixjours, après quoi ils sont bons à vendre à unprix qui dédommage des soins et des frais , sur-tout si on saisit l’à-propos pour s’en défaire. Dansle ci-devant Languedoc , quand les canards sontassez gras, on les enferme de huit en dix, dans
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