220
SIXIESME LIEU
sance, la fournir d’iierberie. En sa figuren’y a aucune sujection , car toutes sontagréables, pourveu que le jardin soitprofitable : voire la plus bigearre, est laplus souliaittable pour le plaisir : commeceux qui estans en pente, et retenus parbancs et murailles traversantes, sont fortprisés, ainsi qu’avec beaucoup de lustre,paraissent les jardins du roi à Sainct-Ger-main en Laie. En lieu du tout plat, lemeilleur sera tenir le jardin un peu pluslong que large, non en quarré parfaict :afin que les allées se treuvans différentesen longueur, donnent grâce au jardin ,pour la raison de la diversité. Lequel serendra de belle représentation , si ses al-lées sont proportionnées de trente à cin-quante , c’est à dire , estant la largeur dujardin de trente mesures, la longueur ensera de cinquante : et si ce sont des toises,le contenu du jardin bien cultivé , satis-fera largement à la fourniture d’unegrande et honorable famille.
Bu Le bouquetier se taillera aux revenus
Uuqudier. et p] a ; s J rs J u seigneur , car puis qu’il estdestiné pour le seul contentement, estraisonnable que ce soyent ces deux-là,qui y plantent les limites. Il sera disposéet sis à l’entrée principale du jardinage :à ce qu’ayant pour premier objet ès par-terres , les beaux compartimens , le plai-sir s’en rapporte plus grand à la veue ,le rencontrant d’abord, que s’ils en es-taient plus esloignés. Ce n’est toutes-foisde l’avis d’aucuns , qui, avec raison ,tiennent le bouquetier reculé et commecaché : à ce que veu le dernier, il soitestimé , à la manière que les marchandsfontadmii’er les fines estoffes, après avoirfaict monstre des grossières.
Du .
n;JJt!vinaî. Le médecinal joindra d’un costé le
bouquetier. Il sera petit, puis que peud’estendue peut suffire à ce en quoi il estdestiné. Ou ce serait que fussiés en lieu,auquel les graines médecinales sont defacile venue et bonne débite : comme celase void en plusieurs endroits , dehors etdedans le royaume, mesme en Langue-doc , vers Nismes et ailleurs.
Qu ant au f ruictier ou verger en quelque z> upartquesoyés assis, ne doubtés d’excéder f rmcuer -en grandeur : car trop ample ne pour-roit-il estre (moyennant que les arbres seplaisent en vostre lieu) pour y logerabondance de toutes sortes d’arbres: d’oùtirerés deniers , estant près de bonneville , ou de rivière navigable pour la dé-bite de leurs fruicts. Et bien-que tellescommodités vous défaillans, ne peussiésvendre vos fruicts, ne seront néantmoinsque très-bien mesnagés, de les faire man-ger à vostre famille, cruds ou cuits , endiverses sortes : comme meslés au pain dumesnage, pour l’allongement des blés ,et pour corriger la malignité de l’yvroie.
D’en convertir en boisson quelque partie,selon leurs diverses espèces et usage despays. D’en donner aux amis , mieux em-ployer ne pouvant ses précieux fruicts, lenoble mesnager. Le verger sera disposéde telle sorte, que lui et le bastiment dela maison , tiennent en abri le reste dujardinage, tant que faire se pourra. Maisd’autant que telle particularité dépend duplan du lieu, faudra laisser cela à la dispo-sition du prudent père-de-famille, pouraccommoder les jardinages , le plus ap-prochant de la raisonnable bien-séancequ’il sera possible.