Cicliorée.
2 . 5 ^ SIXIESME LIEU
aclie, cliresle-mai'ine , pied-d’alouette,basilic et autres menues lierbes, se sèmentà plusieurs boutées , comme ès mois deMars , d’Avril, et de Mai, tons-jours lalune estant nouvelle. Servent à divers ap-pareils de viandes en tous temps, mesmeen salade en hyver. Sont gouvernéescomme les précédentes, au semer, au la-bourer , à l’arrouser, ayans aussi decommun le cueillir par tondre, dont ellesfournissent nouvelle herbe à mesure del’usage (46).
La cicliorée ou endivie est esjtèce delaictue , néantmoins de goust difïérent àelle , car de son naturel il est amer,immangeable, sans estre addouci dansterre par blanchir. L’on la sème en lunenouvelle ès mois de Juin et de Juillet, leplustost estant le meilleur , pour leurdonner temps de s’accroistre devant l’ar-rivée de l’iiyver. En mesme poinct delune, l’on les transplante dès incontinentqu’on les peut manier , et ce en terrebien fumée et cultivée , un pied l’une del’autre , et lignes droictes, équidistantesd’un pied et demi, afin de pouvoir s’ac-croistre en grand fueillage , où consistele total de telle viande. A ceste cause se-ront les cichorées curieusement cultivéeset opportunément arrousées , la soif lesdestournant de s’aggrandir. Pour les blan-cliir convient les enterrer en leur proprelieu sans les arracher , comme les cardesaprès les avoir liées avec un ozier, oùdans douze à quinze jours, plus ou moinsselon le naturel du terroir ( à cela estantplus propre l’un que l’autre) attaindrontle poinct que désirés. La saison de telblanchiment est l’hyver, pour y servir desalades : et aussi sont-elles bonnes en po-tage. Si les pluies les pourrissent dans
terre en la campagne, les pourrés mettreblanchir dans la cave enfouies en terredesliée à la manière des costes d’arlicliau.
Ce blanchir est facilité par la paille , sion en met par dessus la fosse en la cam-pagne un demi-pied d’espès , icelle fosseestant au-paravant remplie de terre. Età ce que durant tout l’hyver soju s accom-modé de cicliorée blanche, en ferés pré-parer comme dessus , toutes les sepmai-nes, la quantité qu’il vous plaira (47)-
Ceste plante ne pouvant vivre en aer Ba-jiies.froid , sera logée en chaud, ou du moinsen tempéré tendant à la chaleur. Le jdusasseuré moyen d’édifier les bazilies, estpar racine. Veulent estre plantées en beausolage, en terre desliée et grasse, la luneestant nouvelle. Leur traictement est, lesouvent serfouer, sarcler , et quelques-fois arrouser. Leur service consiste en lafueille, laquelle l’on confit dans le vinai-gre avec du sel pour conserve toute l’an-née , ainsi préparée la mangeant commecâpres. Pour ce faire l’on la tond plusieursfois en la primevère et en l’esté, tous-jours en croissant de lune , pour tantmieux la faire rejetter , dont sort abon-dance de telle viande (48).
Eu la nouvelle lune du mois de Mars , Asptrgéi.met-on en terre les asperges, par semenceou par racine : mais avec plus d’advan-cement par cestui-ci, que par cestui-là.
C’est une jdante désirable , pour sonutile usage et longue durée. Elle demeurelong temps en bon estât, jusqu’à se per-pétuer au jardin : car elle s’augmente entiges , clossaut ou tronchant comme ro-zeaux , posée en lieu qui lui agrée. Leterroir gras, toutes-fois léger, plus sa-blonneux, qu’argilleux, est celui que lesasperges désirent : et le ciel, plus chaud,