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Tome II.
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SIX IE SME LIEU

d’eau, attachées à l’intérieur, s’y tenansfermement autant que la fleur demeureen estât, qui peut estre quinze ou vingtjours , lors desséchant, que l’eau s’en estallée, ou d’elle-mesme , ou qu’on l’enaura ostée. Ceci est aussi remarquable,que la fleur estant desséchée de matu-rité , changeant son maintien , se ren-verse en haut au regard du soleil, où lagraine se meurit. La graine est dentelée,ressemblant aucunement le rouet d’unmoulin. La fleur n’a aucune senteur nonplus que les précédentes. La plante de lacoronne impériale ne produit aucunefleur, qu’elle n’aie attaint la quatriesmeannée. Le tronc se fene toutes les au-tomnes , en demeurans vifves les racinesdans terre plusieurs années , estans pré-servées du froid. Ceste plante se renou-velle par la graine chéant de maturité àterre, d’où sort du plant à suffisance,propre à transplanter ailleurs (108).ricoine. La pivoine faict une'grande fleur rougede belle représentation, approchant celledu tulipan. S’édifie de racine et de graine,par l’un de ces deux moyens l’agean-ceant au jardin, la y plantant ou semant auprintemps. Tout ce quiestde ceste plante,est bon en médecine, spécialement la ra-cine, comme il sevoid ci-après au discoursdes herbes médecinales, où je l’ai enrobéeentre celles du midi ( 109).

Nous devons la cognoissance et le gou-vernement de plusieurs rares et excel-lentes fleurs, à M. Charles de l’Escluse,qui avec soin exquis, en a eslevé grandnombre dans son jardin de Leiden enHollande ; où il en a faict transporter lesraces des Indes , et de divers autres payslointains. Pour laquelle gentille dexté-rité, il a mérité le tiltre de père des fleurs,

et aussi pour ses autres vertus, beaucoupde louange (110).

CHAPITRE XIII.

Emploi des Herbes et Fleurs, pourBordures et Compartirnens; etBour-traicls de Jardina ses.

ZD

Ex parlant des arbustes, nous avonstout - d’une - main y>resques pourveu aumoyen de les renger convenablement :11’y ayant autre mystère , qu’à les con-duire avec des paux et perches , pour lesdresser en cabinets, tonnelles , berceaux,treillages et autres œuvres de diversesfaçons et figures, selon les desseins qu’enaurés faicts par la guide de la fantasie, etla commodité des lieux. Ici sera monstrecomme l’on se doit servir des herbes et lesemployer, ayant esgard à leurs facultés ,pour l’ornement du parterre, afin de lerendre magnifique: ainsi qu’avec admi-ration , plusieurs excellons jardins deplaisir se voyent disposés en ce royaume.Mesme ceux que le roi faict dresser enses royales maisons de Fontainebleau ,Sainct-Germain en Laie, desTuilleries,de Monceaux, Blois , etc. Ce ne pour-rait voirement estre sans merveille, quela contemplation des herbes parians parlettres , devises , chiffres , armoiries, ca-drans : les gestes des hommes et bestes :la disposition des édifices , navires , ba-teaux et autres choses contref aictes en her-bes et arbustes, avec merveilleuse indus-trie et patience : comme de telles gentil-lesses, l’on remarque à Chante-loup, où ontesté assujettis et arbustes et herbes (ni).Il ne faut voyager en Italie ni ailleurs,