SIXIESME LIEU
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les anciens Romains, l’appellans sacrée.L’autel de leur dieu Jupiter en estoitbaloyé avant que d’y sacrifier. Les am-bassadeurs vers les ennemis , en estoientcoronés. Leurs maisons particulières pur-gées , tant ces pauvres payens estoientsujets à superstitions. D’eux les sorciersmodernes ont apprins à se servir de cesteberbe en leurs enchantemens , commeesclioliers de niesme maistre, Satan, en-nemi du genre humain, ainsi qu’on dict.Ceste herbe appaise la douleur des dents,et les affermit : guérit les ulcères de labouche : le mal de teste : y alïermit lescheveux , les gardant d’en tumber : estbonne contre les fièvres tierce et quarte :contre la colique et gravelle, beue en dé-coction , laquelle soulage ceux qui com-mencent d’estre ladres , et les travaillésdu haut-mal. Si l’on s’en sert en bainavec fumeterre , eau et vinaigre , sertcontre gratèles, dartres , feu volant.
Mauves et guimauves, pour leur vertuamolissante , sont ainsi appellées desGrecs et des Latins . De plusieurs espècesy en a-il, plus haut montans les tiges desunes que des autres , comme aussi di-verses en sont leurs fueilles. Les mauves,qui croissent d’elles - mesmes en cam-pagne , ne sont non plus toutes d’unesorte , ains se divisent en deux , les unestraisnans à terre, les autres montans enhaut, comme arbrisseaux. Demandentbon fonds. L’on les eslève au jardin, parsemence , la mettant en terre au moisd’Aoust, puis en transplantant ses jettons,comme chous, vers l’issue de l’automne,afin que la proximité de l’hyver les arrestedecroistre trop hautement, les plus bassesplantes estans celles qu’on désire le plus,pour en faire engrossir les racines, où
consiste beaucoup de leur vertu. La blan-cheur aussi est désirable en ceste herbe,la mauve blanche, particulièrement dicteguimauve, estant fort jirisée. De touteslesquelles espèces, tire-on beaucoup d’u-tilité , selon leurs diverses facultés. Toutce qui est en elles est bon ; car et racines,et troncs, et fueilles, servent à plusieursremèdes. A faire uriner : à amolir leventre : à empescher les inflammations :à oster les durtés de la matrice : à auérirles piqueures des mousches-à-miel etguespes , mesme à les empescher denuire , se frottant les mains de leur jus :à préserver la personne du venim de lamorsure de mauvaises bestes. La racinede la mauve blanche est singulière pournettoyer les dents, les en frottant avecun tronçon cl’icelle à ce accommodé.
Véronique, masle et femelle, diffèrenten ce , que le masle a la fleur tendante àla couleur rouge , et la femelle , à lajaune $ les deux ont l’herbe rempant àterre , plus verte l’ayant la femelle, quele masle. Ceste herbe se sème au prin-temps , en bonne terre, bien cultivée , oùpour ses excellentes vertus, la conserve-rons chèrement. Elle est bonne contre laladrerie , un roi de France en ayant estéanciennement guéri, ainsi que plusieursl’ont escrit : contre les blesseures duloup, telle propriété descouverte par unveneur d’un roi de France , qui vit uncerf s’escliappant des dents d’un loup,blessé, aller manger de la véronique, ets’y veautrer dessus : contre toutes autresblesseures. Est souveraine en clystères ,pourla dissenterie : enbruvage, pour lesfièvres pestilentes, et ulcères des poul-inons.
Saxifrage, de deux sortes y en a-il,