SIXIESME LIEU
l’hyver, estans lors ses larges f’ucilles ,viande secourable aux pourceaux : floriten Juin , ses graines ennnoncellées et en-velopées d’une pellicule, comme milletde Turquie , à leur maturité estans jaunes,comme salïran. Se sème au moisde Mars.Ceste herbe est bonne contre les gouttespodagres : à chasser les phlegmes : es-ineut l’urine, et les fleurs des femmes. Lesuc guérit toutes sortes d’ulcères, mesmeles brebis blessées et escorchées du loup,oupar autre événement. Lesfueilles, cui-tes en vin et huile, servent à la guérisondes bruslures : profitent ès membres dis-loqués : aux hémorroïdes aussi. Sa dé-coction , à la respiration, guérissant lavieille toux. Ses racines empèsent le linge,à tel usage estans employées par les vil-lageoises de plusieurs endroits de la Nor mandie , avec non guières moins de blan-che délicatesse, que les damoiselles fontleur subtil empois. Après avoir raclé lesracines , les escachcnt et bouillent, puisla décoction passée à travers d’un linge,en cuisant sur le feu, est espessie à suffi-sance. En esté , elles font provision pourl’iiyvcr de telles racines , les raclans ,comme naveaux, tronçonnans , et enfi-lans ainsi que patinostres, afin de les fairesécher, et par ce moyen les garder lon-guement sans corruption.
Ive-atritique, nous pdanterons cesteherbe en l’automne, en terre sablon-neuse, pierreuse et sèche. Elle guérit lagoutte sciatique : faict uriner : provoqueles mois desfemmes : aideàl’enfantement.
Bugle , ceste hexbe est des Latins ap-pellée, consolida-petra , à cause qu’ellecroist facilement en lieu pierreux et sec.Désire d’estre plantée par racine, nonsemée, et de n’estre beaucoup cultivée.
Tout ce qui est en ceste plante est proprepour consolider plaies, tant intérieuresqu’extérieures, de telle vertu ayant prinsson nom latin.
Carline, ce nom vient du roi Charles-magne, parce que de ceste herbe, sonexercite fut guéri de la peste , qui le tra-vailloit fort. Le terroir sec et pierreux ,exposé en plain soleil, est son vrai pays.Là nous la sèmerons au printemps, àfaute de plant enraciné. La poudre deceste herbe dessèche les plaies : chassela peste : est bonne contre la rétentiond’urine : contre les convulsions : fortifiele cueur, en cataplasme. Son herbe, trem-pée en vinaigre , profite à la goutte scia-tique , appliquée sur la partie dolente.
Franxinelle , ceste plante veut estrelogée en terroir gras , à l’abri de la bize,par plant enraciné, au printemps: la se-mence s’employera au défaut du plant : làelle sera diligemment cultivée , et arrou-sée au besoin. Elle est aussi apipellée ,dictam bastard. Sa vertu est, de faireuriner : de rompre la pierre : de provo-quer les menstrues des femmes : de fairesortir l’enfant mort et l’arrière-fais : detuer les vers des petits enfans.
Gennendrée, de deux sortes, l’une dicte,d’eau et scordion, l’autre, chamadris }ou petit-chesne , à cause de la semblancede ses fueilles à celles du chesne. Vienten pays sec et pierreux, en aer plus chaudque froid , exposé au soleil, plustost deplant enraciné que de semence. Ce seraau printemps ou en l’automne, commemieux s’accordera. La gennendrée estbonne contre la peste : contre la fièvretierce : la jaunisse : la morsure des ser-pens : la vieille toux : la dissenterie : dif-ficulté d’uriner : l’épilepsie : douleurs de