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Tome II.
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Quand et le planter,

F.t Venter.

DU THÉÂTRE DAGRICULTURE, 38i

accouplé avec le poirier, faisans, ces deuxarbres-ci, le gros des fruictiers, et four-nissans pour toutes les saisons de lannéedesfruicts en abondance : nestant repas,que sur table lon ne puisse servir despommes et des poires. Mais afin de nese confondre, je traicterai premièrementdu pommier, et en suite de lautre.

Le pommier est arbre assés grand ettouffu, tel se rendant planté en saison,et logé en fonds et aer agréables. Devantou après lhyver (selon les distinctions jafaictes ) le mettra-on en terre choisie,plus sablonneuse quargilleuse , un peupierreuse, néantmoins fertile, et tellequil la faut pour les meilleurs seigles :non sèche , ains un peu humide, et laerapprochant plus du froid que du chaud,toutes-fois tempéré. Le pommier seraenté en fente, lors quil commencera àbourgeonner, non devant, quoi-que ceterme eschée vers le mois de Mars oudAvril, estant ce le secret de le faireasseurément reprendre, comme a estédict. Il sentera sur lui-mesme , et aussifort commodément sur le poirier, pour laconformité de leurs naturels, dont le firuicten sortira très-bon, et y sera larbre plusasseuré du ver que sur son propre tige,pour navoir le ver tant de prinse sur lepoirier que sur le pommier. Le coignierle reçoit aussi volontiers, mais ny durepas longuement : ne pouvant la foiblessedu tronc supporter la poisanteur desbranches, dont à la longue le coignier setreuve opprimé. En laubespin, le pom-mier est de bonne durée, pourveu quilsoit enté devant que le planter, pourfourrer lenteure dans terre : et dès-,larbre prendre le fondement de son tige,dautant que laubespin ne sengrossit si

tost, ne tant, que le pommier. Et en pe-tite coronne et en escusson et canon pro-fitablement ente - on le pommier : ensomme , tant cest arbre est de facile ma-niement, on laffranchit par toutes lesmanières à ce receues.

Encores quil ne soit nécessaire de sar-rester aux particuliers noms de chacuneespèce de pommes, estant plus questiondavoir des bons fruicts, que de magnifi-quement les nommer : si est-ce quil y adu contentement de sçavoir comment onles appelle , par-ci par-, afin aussi quede la généralité de telles appellations, nos-tre inesnager puisse discerner ses fruicts,sans toutes-fois par trop sy asseurer ,pour la foiblesse du fondement ; procé-dant cela du climat et du terroir, quichangent les noms des fruicts, comme aesté dict. Jentends me contenir dans leslimites de ce royaume et de son voisi-nage. Car quel besoin est-il de parlerdes pommes pelusianes , silices, mar-cianes , antennes , scandianes , sex-tianes , manlianes , claudianes , ma-rianes } et autres de lantiquité, veu quele temps a rendu vaine telle curiosité ?Les noms suivans , comme les plus re-marquables de ce siècle et en ces climats-ci , nous serviront de guide : la melle oupomme-appie , ainsi dicte de ClaudiusAppius, qui du Péloponnèse l'apporta àRome , la roze, le court - pendu, lareinete, le blanc - dure au, la passe-pomme , la pomme - de - paradis , lapomme - de - curtin, derougelet, derambure,de chastagnier,defranc-estu,de belle-femme, de dame-jane, decarmaignolle, la sandouille, lapomme-de-souci, la pomme-cire, courdaleau-me, turbet, bequet, camière, couet,

Vlmieurtn.ans depornrnei ,antiques etmodernes.