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Tome II.
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SIXIESME LIEU

qui sont leurs premières robes garnies depiquerons , desquelles ouvertures lescliastagnes sortent. Si on ne veut atten-dre quelles chéent delles-mesmes desarbres, on les en abbattra tout douce-ment avec des perches, sans offencer lesjettons des arbres que le moins quonpourra : après seront serrées ès greniers,pour y estre conservées jusquau besoin.

Et garder Pour garder longuement les chastagnes,chaUa ' saines et entières , divers moyens y a-il.Aucuns, pour les garder fresclies, ne lessortent des bources quà mesure quilsen veulent manger , les tenans en lieufiés, non humide, ni esventé. Autres,après les avoir tirées des bources, lestiennent dans du sable, meslées ensemble,ou parmi de la feugère, par lictées. Maisceux qui ne se soucient de les avoir fres-ches,les sèchent à la fumée, sur des claiesà ce accommodées, après les battent pourles despouiller de leurs pellicules : finale-ment les vannent comme blé , dont deve-nues blanches, ainsi deschargées de pous-sière et ordure , nettes et saines , sanscrainte de la pourriture , se conserventjusques aux nouvelles.

^laurier. Nestant en cest endroit question quede fruicts, laissé le meurier blanc pourla soye, traicterai du noir, puis que delui seul proviennent les bonnes meures.Fruict recommendable pour estre sain ,plaisant au manger, et hastif au meurir.Par les Antiques le meurier a esté estiméle plus sage de tous les arbres, à causequil ne bourgeonne que la rigueur desfroidures ne soit passée , donnant, telletardité, loisir de lelogercomme lon veut.Le temps pour planter cest arbre est des-puis le commencement dautomne jus-quà la fin de lhyver , les froidures et

les pluies ne lempesclians. Désire bon ou P iar.ter,fonds, plus sablonneux quargilleux, plushumide que sec, et laer tempéré, plusfrès que trop chaud. Se délecte destresouvent fumé, et quelques-fois arrousé.

Il vient de semence, de branche et deracine, mais avec beaucoup plus dad-vancement par cestui-ci, que par branche :dont le meilleur est de transplanter auverger larbre ja gros et chevelu , prins àla pépinière , il aura esté semé, quede samuser à le commencer par branche.

Lenter nest nécessaire au meurier, puisque, sédifiant par branche, tout affranchisort de Ja bastardière. Mais escliéantquayés des meuriers ja avenus, dont lefruict ne vous agrée , les pourrés enteren canon ou escusson, ainsi réformantleurs défauts à la bonté du fruict, quisen engrossira : à quoi servira de beau-coup la bonne culture du fonds, le fumer,larrouser, et lesmunder en son bran-cheage. Le meurier ne reçoit autre greffe Et cnur -que de sa race, ou seroit de blanc en noir,et au contraire, aussi nest-il receu dautreplante que ce soit. Contre ces avis, néant-moins, ente-on le pommier sur le meu-rier blanc, pour avoir des pommes très-douces : mais la difficile reprinse de telsentes , jjrovenant du laict que jette lemeurier en lincisant, qui, contraire à lasève du pommier, faict ne tenir grandconte de telle subtilité (i4 0 )'

Les meures ne sepouvans que bien peu Son/rm.-i.garder, convient les manger freschementcueillies : cest pourquoi ne mettrons-nous au verger que trois ou quatre meu-riers noirs , nombre suffisant pour satis-faire à ce quen cest endroit nous désironsde tels arbres.

Bien-que la corme ne soit fruict rare , Cormier