388
SIXIESME LIEU
qui sont leurs premières robes garnies depiquerons , desquelles ouvertures lescliastagnes sortent. Si on ne veut atten-dre qu’elles chéent d’elles-mesmes desarbres, on les en abbattra tout douce-ment avec des perches, sans offencer lesjettons des arbres que le moins qu’onpourra : après seront serrées ès greniers,pour y estre conservées jusqu’au besoin.
Et garder Pour garder longuement les chastagnes,chaUa ' saines et entières , divers moyens y a-il.Aucuns, pour les garder fresclies, ne lessortent des bources qu’à mesure qu’ilsen veulent manger , les tenans en lieufiés, non humide, ni esventé. Autres,après les avoir tirées des bources, lestiennent dans du sable, meslées ensemble,ou parmi de la feugère, par lictées. Maisceux qui ne se soucient de les avoir fres-ches,les sèchent à la fumée, sur des claiesà ce accommodées, après les battent pourles despouiller de leurs pellicules : finale-ment les vannent comme blé , dont deve-nues blanches, ainsi deschargées de pous-sière et ordure , nettes et saines , sanscrainte de la pourriture , se conserventjusques aux nouvelles.
^laurier. N’estant en cest endroit question quede fruicts, laissé le meurier blanc pourla soye, traicterai du noir, puis que delui seul proviennent les bonnes meures.Fruict recommendable pour estre sain ,plaisant au manger, et hastif au meurir.Par les Antiques le meurier a esté estiméle plus sage de tous les arbres, à causequ’il ne bourgeonne que la rigueur desfroidures ne soit passée , donnant, telletardité, loisir de lelogercomme l’on veut.Le temps pour planter cest arbre est des-puis le commencement d’automne jus-qu’à la fin de l’hyver , les froidures et
les pluies ne l’empesclians. Désire bon ou P iar.ter,fonds, plus sablonneux qu’argilleux, plushumide que sec, et l’aer tempéré, plusf’rès que trop chaud. Se délecte d’estresouvent fumé, et quelques-fois arrousé.
Il vient de semence, de branche et deracine, mais avec beaucoup plus d’ad-vancement par cestui-ci, que par branche :dont le meilleur est de transplanter auverger l’arbre ja gros et chevelu , prins àla pépinière , où il aura esté semé, quede s’amuser à le commencer par branche.
L’enter n’est nécessaire au meurier, puisque, s’édifiant par branche, tout affranchisort de Ja bastardière. Mais escliéantqu’ayés des meuriers ja avenus, dont lefruict ne vous agrée , les pourrés enteren canon ou escusson, ainsi réformantleurs défauts à la bonté du fruict, quis’en engrossira : à quoi servira de beau-coup la bonne culture du fonds, le fumer,l’arrouser, et l’esmunder en son bran-cheage. Le meurier ne reçoit autre greffe Et cnur -que de sa race, ou seroit de blanc en noir,et au contraire, aussi n’est-il receu d’autreplante que ce soit. Contre ces avis, néant-moins, ente-on le pommier sur le meu-rier blanc, pour avoir des pommes très-douces : mais la difficile reprinse de telsentes , jjrovenant du laict que jette lemeurier en l’incisant, qui, contraire à lasève du pommier, faict ne tenir grandconte de telle subtilité (i4 0 )'
Les meures ne sepouvans que bien peu Son/rm.-i.garder, convient les manger freschementcueillies : c’est pourquoi ne mettrons-nous au verger que trois ou quatre meu-riers noirs , nombre suffisant pour satis-faire à ce qu’en cest endroit nous désironsde tels arbres.
Bien-que la corme ne soit fruict rare , Cormier