DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE. 40 5
attendu que les remettons provignés dansterre , y sont nourris avec toute abon-dance de la substance de la mère : soyent,ou vieux arbres , ou nouvellement enra-cinés de brandie en bastardière, qu’enaurés dressée pour la provision du plant.Desquelles deux manières, comme d’unesource incxpuisable, tirerés du plant ex-cellent, pour transplanter, donner, etvendre tant qu’il vous plaira. Le trans-planter est plus utile que nécessaire ,parce que les arbres se treuvent bien d’a-chever leurs cours où ils l’ont commencé,voire quelque peu mieux , qu’estans ail-leurs remués. Mais d’autant qu’on s’enaccommode en divers lieux, l’usage ported’arracher du plantis les sur-abondans ,pour les renger au verger. En convenablegrosseur, comme pourra estre celle dubras d’un homme, ou bien peu moindre,seront ces jeunes arbres tirés de leur pre-mière terre , avec soin d’en préserver lesracines, et tout aussi tost plantés auxlieux destinés. Le moins qu’on les peutgarder est le meilleur, de peur de l’es-Queimoyen vent. S’il est question de les transporterpZ-ier ‘"‘Zn hors de leur origine pour planter, ils se-pèwphnùr ront curieusement:empaquetés : et si bienleurs racines couvertes et liées avec deslinges, paille et cordage, que mal ne leuravienne. Ne faut entreprendre ceste ac-tion qu’en beau jour, serain, sans vents,sans pluies , par craindre ces arbres-ci,encores plus que nids autres , toutes in-tempéries. Après l’hyver , vers la lin deMars, ou commencement cl’Avril, en estla saison , la lune estant en decours.
En quel L’endroit auquel désirés loger vos arbres17/iZT P 0lir la dernière fois, sera curieusementchoisi, exposé au soleil, couvert des vents,principalement de la bize, pour sa grande
importunité : et de terre douce, fertile ,aisée à cultiver , comme a esté dict. Si laNature ne le donne tel, à tels défautssera suppléé par artifice, bastissant unemuraille du costé du septentrion, servantd’espaulière aux arbres , afin de les teniren abri ; et en amendant le fonds parvigoureux engraissemens et excellent la-bourage. Près de la mer Méditerranée etautres quai-tiers, où ces belles plantes seplaisent entièrement, ne prencl-on com-munément tant de peine, ains les loge-onavec les autres fruictiers , sans soin par-ticulier. Les trous ou fosses pour ces ar-bres-ci , seront faictes au mesme tempset de semblable capacité que celles desautres du verger , et de distance raison-nable selon le lieu. Un bon pied dansterre est la droicte profondeur que cesarbres désirent : l’oranger seul y veutestre planté un peu plus avant, d’autantqu’il produit ses racines plus bas que sescompaignons. En plantant ces arbres, comment.l’on ramollira la terre de la fosse, au fondet ès costés , la relevant avec le hoiau :ettout-d’une-main y ad-joustera-on quel-ques subtils et gras terriers, pour en cou-vrir les racines, meslés avec la terre dulieu. Si ces arbres sont de la grosseurmarquée, seront étestés quand on lesplantera : mais estans minces et tendres,ne veulent estre beaucoup taillés. Onavisera à ce poinct, que de les remettreau mesme aspect du ciel qu’ils estoientenleur première terre : afin que plus faci-lement ils se reprennent, que moins d’al-tération ils treuveront au changement.
Après cela , tous les mois une fois , sera <w u-la terre d’alentour légèrement serfouée , llqlZpZlpour en extirper toutes sortes d’herbes ; Zméin.”' 1 'à ce qu’aucune n’en succe la substance