DU THEATRE D’AGRICULTURE. 433
les plantant, au bout de quelques an-nées , se treuveront tant pressées , que,pour les esgayer, faudra, ou en osterd’entr’elles quelques - unes, ou arracherdu tout la cannelière , pour la refaire denouveau , à l’imitation de la saffranière.Si jiar faute de plant, ne pouvés fairetant grande la cannelière que désirés , etque ne vueillés attendre que Nature laremplisse , plantés plus au large le peude plant qu’aurés , en lui faisant occupertout le lieu imaginé : et à l’entrée del’hy ver suivant, sans attendre la maturitédes nouveaux jettons , provignés iceuxjettons dans terre, ès places vuides , etpar ce moyen , se remplira tout vostrelieu : car de chaque noeud de la canne,sortira un jetton pour servir incontinentde maistre tige.
£ f „ r Les cannes ne se cueilleront devant leurcu'Mae. p ar £ a j c (; e meurté , qui est lors qu’ellessont du tout endurcies , cela ne pouvantestre devant que les froidures les ayenttouchées. Par quoi, aux mois de Novem-bre ou Décembre, en decours de lune, lescouperés universellement, le plus près deterre que pourrés, et ce fort unimentsans rien esclater. Puis mettrés les cannespar faisscaux séparés et assortis : desti-nant les plus grosses aux couvertures deslogis , et les autres , ès autres oeuvres oùmieux elles s’aproprieront (167).
CHAPITRE XXX.
Les Cloisons des Jardinages et autresPropriétés.
Fermeront ces discours. En vain au-roit-011 prins la peine d’ageancer tellescommodités, si on ne taschoit de les pré-server du dégast des bestes et des larrons.Or combien qu’il semble que la raisonvueille de clorre les pièces avant que deles cultiver, si est-ce que pour convena-blement ordonner sur telle matière , leplus certain est de prendre avis des jar-dins, et des arbres mesmes ja disposés etplantés , des endroits où doivent estreposées les murailles et autres défences.Sans laquelle addresse, difficilement ypourroit-on avenir, estant très-incertaince qui est projetté sur la simple imagina-tion. Joinct qu’avec plus de courage etd’affection s’employe-on à telles choses ,quand on void devant les yeux le méritede l’œuvre, que si on travailloit avecgrands frais , à clorre un désert et terreinculte : laquelle, bien-que fermée , paraventure ne sera-elle jamais plantée,pour l’incertitude des choses du monde.Ce n’est pas mon intention , pourtant,de retarder beaucoup ceste besongne,ains au contraire, je conseille d’y mettrela main dès aussi tost que les principalesordonnances auront esté effectuées ; afinque rien ne se perde de nostre labeur, etqu’enfermées sous clef, telles beautés ,elles nous donnent plus de contentement,que demeurans ouvertes et exposées àtous venans. Ceci soit dict, non seule-
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Théâtre d’dgriculture , Tome II.