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Tome II. IIe. Partie.
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DU THEATRE D’ AGRICULTURE.

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Lieu Y«hap. mi.

des hommes

touchant

Veau .

pas l’eau , qui par ses arrousemens, con-vertit en bonne , la mauvaise terre , larendant propre à produire abondamment,arbres, fruicts d’iceux , foins , herbesdes jardinages, et plusieurs autres biens ,mesme blés et vins ? Aussi à telle occa-sion , est-elle dicte , asseurée alcliumie ,d’autant qu’en peu de temps elle se con-vertit en or et argent, par le moyen deschoses susdictes : et par les divers mou-lins qu’elle anime , souventes-fois avecrevenu excédant celui de la terre. Enl’article du profit venant de l’eau , seracouchée la pesche : autant grand qu’on, le pourroit imaginer j comme ailleursparticulièrement je l’ai représenté.

Affection Ces choses recogneues de toute ancien-neté , les hommes ont tasché de s’accom-moder d’eau, selon que leurs esprits etfacultés leur en ont suggéré les moyens.La Nature aussi y a travaillé, d’elle-mes-me, en plusieurs lieux, mais avec grandePropriété merveille , en Egypte , où l’eau du Nil s’enflant, inonde la terre trois mois con-tinuels , passé ce temps-là, l’eau retirée,laisse un gras limon, sur lequel le peuplesème ses grains avec peu de labeur etgrand rapport. Mais par ne pouvoir estreimité tel arrousement naturel, je n’endiscourrai plus avant , ni de plusieursautres admirables eaux , dont Pline,Vitruve et autres Anciens, font mention,pour mettre en évidence l’ingénieuse in-vention de Crappone, gentil - hommeProvençal, qui en l’année mil cinq censcinquante-sept fit conduire à Selon de, Craux en Provence , un bras de l’eau dela Du, ence, par un large canal prins àcinq lieues de ladicte ville. Ceste eau-là,pour avoir faict changer de visage aux

de Veau duNil .

ie Selon

Craux

Provence.

terroirs qu’elle urrouse , leur a causéThéâtre d’Agriculture, Tome II,

Celui

d’Arles.

d’autant plus de profit, qu’au-paravantils estoient de peu de valeur , à raison del’importune chaleur méridionale du pays :et si a utilement accommodé de moulins,les peuples de ces quartiers-là, à la louangede l’inventeur , duquel la mémoire seconserve avec la jouissance du fruict deson patient labeur. La ville d’Arles sui-vant les traces de Selon , s’est despuisaccommodée de la mesme rivière : partiede laquelle , passant par la Craux , ter-roir de son naturel sec et aride , se renden ladicte ville , pour les arrousemens etmoulins , au grand bien du peuple. Et Du Praju.comme par émulation les uns apprennentdes autres, j’ai en mon particulier, suivil’invention de Crappone, en la conduicted’une petite eau perenne : laquelle pas-sant à l’entour de ceste mienne maison,arrouse ma terre, et finalement se rendà mes moulins. Ayant l’entreprinse aucommencement esté jugée autant vaine,que l’effect l’a despuis approuvée utile etprofitable (2).

Infinis autres exemples vous pourrois-jeproduire sur telle matière, se voyansplu-sieurs villes de ce royaume, arrousées pardes acqueducts traversans et virevoutansleurs terroirs. Et sur tous les peuples dece temps-ci, les Alemans , Flamans ,

Anglois , Lombards, excellent les autresen la conduicte des eaux, desquelles leursvilles en mille sortes se voyent parées ,sans espargner ni le marbre, ni le bronze,ni le leton, ni l’or, ni l’argent, ni l’azur ,qu’on y voici magnifiquement reluire. AFrancdal, ville nouvellement commencéeà bastir près de Wormes en Alemagne ,a esté faict un grand canal conduisant del’eau de la rivière du Rhin jusques en la-dicte ville, où après avoir rempli les fo$«

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