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Tome II. IIe. Partie.
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DU THEATRE D’ AGRICULTURE.

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CHAPITRE II.

Les grosses Fontaines , Ruisseaux etRivièresj ou Eaux sus-terra'uies etmanifestes } et leur conduicte parCanaux ouverts.

Pour se servir de ces eaux-ci, la consi-dération de leur situation est pour unpréallable, très-requise, afin de prendreavis sur leur conduicte* présupposé quesoyés asseuré de leur valeur. Car d’attirerà soi des eaux mal-saines, ou infructueu-ses , ne doit entrer en l’entendementd’aucun. De parler ici des eaux naviga-bles , n’est aussi mon intention , estantce la Nature elle-mesme qui seule ordonnesur telles matières. Ou ce seroit que pourl’abondance d’eau, la prenant en quelquebonne rivière, et par la f acilité du cliemin,on fut incité d’en faire le canal tantample, qu’il suffit à recevoir des bateauxpour la débite des fruicts de la maison ;à l’exemple des petites rivières de Lion ,d’Estempes , et autres , qui se descliar-gent dans la Seine au-dessus de Paris .veau De ces trois sortes d’eaux , la plus; %f{°dbu"à soubaittable est celle de fontaine, à la-quelle , seule , nous-nous arresterons, sison abondance fournit à toutes nos né-cessités , pour la conduire diversementComment selon la diversité de ses services. C’estassavoir, partie en tuiaux clos , pour leboire ordinaire, afin d’estre nette et fres-clie , et partie en canal ouvert pour lesmoulins , arrousemens , fourniture d’es-tangs et semblables services. Mais si pourson impuissance, la fontaine ne peut faire

t toute autre .

I l'employer.

que nous abbruver , et arrouser quelquepeu les jardins : et elle et le ruisseau, ouà son défaut la rivière, seront employés,afin d’arrouser en grand volume, et fairemoudre les moulins. Or d’autant que pourla conduicte de toutes eaux, soit à couvert,soit à descouvert, le cliemin doit estrepréparé avec artifice requis, sera en cestendroit donnée l’addresse de faire le canalouvert , dont l’on se sert généralementen toute sorte d’aqueducts : en attendantqu’ayant mis en évidence les fontainessous - termines, avec les autres soyentconduictes en tuiaux clos, ainsi qu’il ap-partient, et sera ci-après enseigné.

La

.la

première œuvre, sera la remarque oiunmimtdu lieu de la prinse de l’eau, pour la faire ffü'fr/.la plus près de vous que pourrés, à ceque moins en couste la fabrique et l’en- eauJ! -tretenement, que plus court en sera lecliemin. Si le naturel de l’assiete vouscontraint de prendre l’eau liors de vostreterre, acquerrés du seigneur de fief vostrevoisin , le filtre de telle faculté , par lesplus asseurés moyens que treuverés parconseil : afin que sans destourbier , puis-siés venir à bout de vostre entreprinse ,et que pour l’avenir, muni de bon droict,jouissiés paisiblement de vostre labeur,sans crainte de l’envie, qui communé-ment accompaigne ceux qui font bienleurs affaires. Ce fondement posé , le n

. ^ , chemin de

chemin que vostre eau a a tenir , sera v eau .finement nivelé avec le grand niveau,lui donnant tant de pente qu’il sera pos-sible , pour vistement la faire descendreoù désirés, selon qu’il est requis. Celasera aisé, si le naturel favorise l’œuvre :mais n’ayant à choisir de place pour laprinse de l’eau, mesnageant son chemin,la prendrés en endroit d’où justement elleX X X 2