Band 
Tome II. IIe. Partie.
Seite
545
JPEG-Download
 

DU THEATRE D’AGRICULTURE.

545

Esfjvientoirt.

La serve a aussi sa petite porte fermant àclef , qui s’ouvre et ferme pour visiterl’intérieur : et au-dessous d’icelle,un peuà costé, un trou ou larron, pour vuiderl’eau importune, afin de garder de creverles tuiaux , pour les raisons dictes.

Entre deux serves, qui pourra estre devingt en vingt toises de distance , un es-ventoir sera faict pour donner aer auconduict, afin de faire aller l’eau : à fautede quoi aucunes fois , la fontaine cesse detirer (comme souvent pour mesme fauted’aer , avient que le vin ne veut sortirdu tonneau), prenant son chemin par leslarrons, en rétrogradant. L’esventoir sefaict d’une seule pierre de taille perséede son long , avec un gros taraire : il estposé debout sur le chemin de la fontaine,en un tuiau à ce préparé, entrant par unebranche expressément faicte dans la pier-re , laquelle attaignant de là jusqu’au-dessus de la terre, comme une cheminée,faict voir le jour à l’eau de la fontaine ,et lui donne l’aer requis. Mais d’autantque tous-jours n’est de besoin d’esventerla fontaine , et que, demeurant ouvertl’esventoir , par icelui quelque saleté ouempeschement seroit en danger detumberdedans , à la ruine de la fontaine : le troude l’esventoir demeure continuellementbouché, avec du ciment froid ou de paste,pour l’ouvrir seulement en la nécessité,qui est lorsque la fontaine s’arreste : ceque voyant, sans prendre l’allarme plusavant, ne faut qu’aller visiter les serveset ouvrir les esventoirs, qui seront despuisl’endroit où la fontaine a accoustumé decouler, jusqu’au plus prochain reposoirqui vuidera l’eau par son larron : et si lemal ne vient qu’à faute d’aer, l’eau re-prendra incontinent son cours sans autreThéâtre d’Agriculture } Tome II,

mystère : auquel cas , conviendra refer-mer les esventoirs avec du ciment commedessus. Le moyen d’oster le ciment dutrou de l’esventoir , est avec un taraire ,neuf et bien trencheant, comme si onvouloit perser de nouveau la pierre, pourla durté duquel ciment, le taraire segastant, ne peut plus servir avant qu’estrerefaict. Ne profitant ce remède , vous-vous asseurerés y avoir des tuiaux malqualifiés, qui perdent l’eau, soit ou parn’avoir jamais esté bons , ou rompus enles posant, ou bien mal cimentés : lorsl’unique remède gist au refaire , à quoil’addresse des serves vous servira à ce quene desbastissant de l’aqueduct, que cequ’il sera force , la réparation nécessaireen soit de moindre despence.

S’opposant au chemin de vostre fon- 7^ t ra ,„ r ™taine , quelque fascheux enfoncement, T™?' ‘° r 'et qu’il falle traverser des torrens et pe-tites rivières : le moyen de passer tellesdifficultés, est double, ou dessus les eauxpar des ponts, à la mode antique : ou pardessous, dans des gros bastimens bienmaçonnés. Le lieu vous guidera sur l’é-lection de l’une de ces deux voies, pourprendre la plus durable, et la moins des-pensière. Résolvés-vous néantmoins , dene bastir sous les eaux sans la faveur desrochers , pour conserver vostre édifice :car cuider faire en terrain le passage devostre fontaine, quoi-qu’avec l’aide dubois, ayant en dessus le ruisseau ou tor-rent , c’est par trop bazarder, voire jetterl’argent dans la rivière, en exposant vostreouvrage à la merci du premier ravagede pluie. Si au contraire, se présente en ïw mo „.front quelque importun et dur rocher, qui '‘L r ?“ ™ne puisse estre ne destourné ne rompu,qu’avec excessive despence : laissés-le là,

Z z z