DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Observa- quelques années. Car , ne l’espargne duj°“„. plant, ne la cuisson de la terre , ne sonttant considérables, que le retardementde l’œuvre : ne pouvant le taillis si tosts’aggrandir en recouchant au bout d’uncouple d’années le premier ject de sesarbres, que si, sans les destourner, onleur laisse parfaire leur cours. Quant auplant, c’est bien folie de l’espargner,veu la facilité d’en recouvrer abondam-ment par l’ordre que j’ai monstré : ettouchant à la préparation de la terre, lacrudité en sera aucunement corrigée ,mettant près des racines des arbres, enles plantant, de la terre prinse en la su-perficie du lieu, qui, cuitte par les sai-sons, suppléera au défaut de n’avoir tenuquelque temps ouvertes les fosses, commese pratique aux vignes, et aux fr uictiers,qu’on est contraint de planter précipi-tamment (21).
Distinction Or , par quel que soit de ces deuxZ, moyens-là , qu’on édifie le taillis, ce seractTIrta!" sous distinction des lieux esquels l’onest, chaud ou froid : pour tost y mettrela main en climat chaud, et tard enfroid, retardant plustost qu’advanceantle planter de ces arbres, à cause de leursauvaigine, qui leur retarde la sève. Levrai temps pour le pays chaud, se mar-quera dans l’hyver : pour le froid, aucommencement du printemps : et pour letempéré, dix jours de Janvier , et autantde Février , la lune estant nouvelle , letemps tendant plus à l’humidité qu’à lasécheresse, non toutes-fois pluvieux , niAum de, aussi venteux (22). Ceste observation esttrès-requise , que de ne confondre les es-pèces des arbres , ains de les renger à partau taillis, en quartiers séparés, ainsi quedès leur origine aura esté faict, et en la
especes f etpourquoi.
pépinière et en la bastardière. Car parcemoyen, les arbres s’en portent mieux, etla beauté y sera tant plus grande , quemeilleur ordre aura esté establi en la dis-position du taillis. Pourra-on néantmoins,se dispenser en ce poinct, si on veut bi-gearrer le taillis , en y entremeslant di-verses espèces d’arbres pour le décore-ment, selon le sujet : mais avec le moinsde discordance que faire se pourra, enassemblant les arbres qui plus symbo-lisent en qualités. Comme aussi espar-gnera-on des allées au taillis, des laby-rintes, et autres pourmenoirs de plusieurssortes, pour tant plus plaisant rendre lelieu, qui ne laissera, pour ses gentillesses,d’estre profitable. Un pied et demi dans De qU eiuterre , seront plantés les arbres ( 23 ) ,au - paravant ayans esté curieusement arbr “'arrachés, afin d’en retirer, entières, lesracines, s’il est possible : desquelles lapoincte des plus longues, sera un peu roi-gnée, et des estorces et estorcées, couppétout ce qui s’y treuvera de corrompu, àce qu’on n’en enterre rien que de franc etbien qualifié. Après avoir applani le rayon Leuravec de la terre du lieu, les arbres en se-ront couppés , quatre doigts au dessus,ne souffrant qu’ils sortent de terre plusavant que cela, où faisans leurs jettons,se façonneront à plaisir, pour rendre dubois abondamment, dont toutes les par-ties du taillis en seront remplies. La mais- e,trise pour tost avoir plaisir et profit dubois nouvellement planté , est de lehaster à s’accroistre par bon et fréquentlabourage, ne souffrant habiter entre lesarbres, aucune herbe ne racine nuisible,de peur de succer la substance de la terredestinée pour le bois. Et à ce que cela seface à frais modérés, pour une seule fois,
rage pourleur advan-