DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE. 56 9
De Pyeuse,ou chesnevert.
Il y adiverses es-pèces d’ilex.
brancheage , que nul autre. Il a pourfondement, de grosses et fortes racines,rampans à fleur de terre. Le tronc fortet robuste , duquel mot son nom est tiré,massif, dur, grossier, assés court; estgarni de bon nombre de grandes et puis-santes branches, noueuses, tortues, es-cartées, et espandues par dessus la four-cheurede l’arbre, occupans grande place.L’yeuse ressemble plus au roure qu’auchesne, estant son bois dur et solide, ets’estendant plus en brancheage, qu’àmonter droictementen haut : enfueillage,rien du tout à aucun d’eux, car il se leconserve vert toute l’année, comme l’oli-vier , pour laquelle cause est-il aussi ap-pelle , en France , chesne vert ; au lieuque, et le roure et le chesne, le laschentfené, comme la pluspart des autres ar-bres. En ce symbolisent-ils par- ensemble,que de produire du gland , mais pluspetit le rend l’yeuse, que , ne le roure,ne le chesne. Par ce mot, ilex , est aussientendu l’arbrisseau portant la grained’escarlate, ou vermillon, dont tellesplantes sont dictes cocciferœ arbores ,et par les tainturiers, cochenille. LesArabes en appellent la graine, kermes ,et le vulgaire, cramoisie, la couleurqu’elle faict, comme voulant dire , ker-mesie (27). Le houx ou mesplier sau-vaige, autrement, aquifolium, est de cereng (28). De ces trois espèces à’ilex,s’en void abondamment en Languedoc ,mesme de la première en plusieurs en-droits des grandes forests : et de la secondevers Montpellier ès lieux déserts laissés enfriche , où les pauvres gens cueillent ensaison la graine de vermillon. Le plusgrand desquels yeuses , tiendra reng enla forest, qui s’en rendra très-belle, pourThéâtre d’Agriculture , Tome II.
la verdeur continuelle de ses fueilles :comme aussi le taillis composé de telsarbres , ne peut estre que très-plaisantet profitable avec , recevant en hyver,toute sorte de chasse y estant en abri, àcause de telle perennerameure. Plusieurssortes de gland se remarquent ès cliesnesen général, lesquelles Tline met en nom-bre de quatorze , contant pour une lafaine, produicte par le hestre ou fous-teau, dict en latin , fagus. Telle dif-férence de glands est remarquable entoutes qualités; de grandeur, couleur,figure , poisanteur : l’abondance duquelfruict, agreste, provient plus grande desarbres femelles , que des masles , à telleoccasion, leur sexe ayant esté distinguépar les Anciens, comme aussi de tousautres arbres portans fruict, dont les sté-riles ou de peu de rapport, ont esté esti-més , masles, et les fertiles, femelles (29).Au reng des glands , a esté mise la chas-tagne, par Dioscorides, Galien , cl au-tres Antiques, appcll cc glandsardi.enneet lopime, ou gland de Jupiter. Ce nesera guièrcs s’esloigner de ce discours,de faire entendre au mesnager, que lesigne asseuré de bonne cueillète de gland,est, quand tel fruict se treuve court en soncommencement, ne faisant jamais bonnefin, celui qui est long en ce temps-là ( 3 o).
Le chasta^nier abonde en fruict sau-
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vaige , demeurant en son naturel : et enprivé , estant enté , où il se plaist autantqu’autre arbre, se rendant par ce moyentrès-fécond. Et bien-que cela soit excéderen cest endroit, convertissant la forest enverger, n’y a que profit néantmoins , etbeaucoup de plaisir de voir les forestschargées de chastagniers rapportans bonfruict, et pour les hommes et pour les
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Matliiolv. î, chnp22.
Du chasignicr.