DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
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D* la Touchant les oziers, la cueillète de leur‘cZn. de> rapport est un peu différente de celle desprécédentes plantes ; d’autant que leurprofit consiste, principalement, aux li-gatures , sans grand espoir d’en tirer dubois pour le chauffage. C’est pourquoi,chacun an, les despouille-on entièrementde leurs jettons, retirant tout ce que lesarbres rapportent en tel temps : car d’at-tendre d’avantage, leur engrossissementles rendroit imployables , et par consé-quent inutiles en ce où ils sont destinés.En quoi ils différent des autres plantesaquatiques , aussi en la façon de leurcouppe , et en leur temps. Et tout celapour le regard qu’on a à la durée desoziers en œuvre, à laquelle servent plu-sieurs années , mesmement en tines etComment tonneaux. La façon de leur trenche serajaïue. jPgsiTg raze à la teste de l’arbre, sans ylaisser aucuns cliiquots , comme l’on faictès saules et peupliers ; d’autant quen’ayans les oziers besoin de gros jettons,comme a esté dict, ains de desliés et sub-tils , plus minces et plus ployables sorti-ront-ils par le travers du vieil bois et en-durci, que ne feraient du nouveau, laisséEn quel ès chiquots. A quoi aussi aide fort l’estâtlune. de la tune. Uar repoussans plus vigou-reusement les arbres taillés en croissant,qu’en decours , ainsi qu’à esté monstré èsprécédents ; par la taille du décours, lavertu des oziers à rejecter, est aucune-ment rabbattue au profit des liens, quiplus souples et serviables en sortent-ils ,et de plus de durée en œuvre, que taillésEn quel en croissant. C’est aussi un poinct no-P ’ table pour l’augmentation de la valeurdes liens , que de les cueillir en parfaictematurité. Par quoi ne seront tondus lesoziers devant le commencement d’Oc-Théâtre d’Agriculture , Tome II.
tobre, que leurs rejects auront attaintleur entier accroissement. Mieux mesnagésera toutes - fois , d’attendre l’issue del’hyver, et pour l’arbre et pour les liens,car en telle tardive couppe , l’arbre estexempt de la crainte des froidures ; et lesliens en seront de tant meilleur service,que plus de loisir auront-ils eu de s’a-chever de nourrir sur leur mère. N’estanttoutes-fois, par telle attente, le père-de-famille privé d’en pouvoir tirer de jour àautre pour les nécessités : mais ce seraavec telle considération, que le moins ytoucher devant ce terme - là , sera lemeilleur.
Si ceste taille tant raze et juste , rap-porte des liens doux et flexibles, commel’on désire, aussi leurs mères en reçoiventle dommage représenté sur le propos dessaules et des peupliers ; assavoir qu’ellesse peinent très-fort à reproduire de nou-veau , et à la longue s’en seichent et ta-rissent. Pour laquelle perte prévenir ,sera bon laisser à la teste de chacunarbre, un ou deux brins, chacun longde deux ou trois pieds : et les reployanset recourbans par-entr’eux en archet,comme vigne accommodée à lignolot,laisser par là rebourgeonner les oziers ;afin que par la tendreur de ce nouveaubois , les oziers se puissent renouveller.En cela aucune sujection n’y a-il, n’es-tant - on contraint de réitérer le remèdechacun an : ains seulement, lors qu’ons’appercevra , la plante se descliéant, enavoir besoin. Comme aussi est-on en li-berté de coupper partie ou le tout de cerenouvellement, quand on voudra. Parce moyen, les oziers se maintiendronttrès-bien, et en estât pour servir longuesannées. Et de ces mesmes brins laissés,E e e e
Rcnouvel -1er les vieuxoziers .