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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

tudieront, selon leurs distinctes qualités jà ce que rien ne défaille à leur maison ,pour honorablement la maintenir et dé-corer.

Et dautant que lAntiquité a ordonnéà la femme, la charge de la maison ,comme à lhomme, celle de la campagne ;ains nos Ancestres ayant disposé deschoses rustiques (approprions sagementQueih en louvrage à louvrier), ce sera la mère-l "af'mme '. ie de-famille qui disposera de la distributiondes vivres pour lordinaire despence, avecnéantmoins communication de conseil,requise à tout mesnage bien dressé :estant quelques-fois à propos, selon lesoccurrences , que lhomme die son aviset se mesle des moindres choses de lamaison , et la femme des plus sérieuses.Anciennes Le temps passé , quand on vouloit louer

louanges des -t 17

hommes e t un nomme, on ie ciisoit bon laboureur.fa femmes. (y esto j t auss i l ors l a plus grande gloire dela femme, que destre estimée bonne mes-nagère: laquelle louange,le temps nayantpeu esteindre , est-elle encores en telleréputation, que celui qui se veut marier,après les marques de crainte de Dieu , etpudicité, par dessus toutes autres vertus,cerche en sa femme le bon mesnage ,comme article nécessaire pour la féliciténu memage. de sa maison. Ce nom de mesnage estdonné sans figure, comme par excellence,à ce dont nous discourons en cest endroit.Néantmoins, par icelui est entendue toutela famille : particulièrement en plusieursendroits de ce royaume, les petits enfanssont appellés mesnage. Mesnage aussiappelle-on les meubles et ustenciles dela maison. Et tant nécessaire en est lasubstance en toutes actions , que de telnom est dérivé le verbe mesnager, dontnous disons mesnager la santé, mesnager

lamitié , la faveur, la prospérité, locca-sion , le temps , le loisir, le plaisir, etc.

Plus grande richesse ne peut souhaitterlhomme en ce monde , après la santé ,que davoir une femme de bien , de bonsens, bonne mesnagère. Telle conduiraet instruira bien la famille , tiendra lamaison remplie de tous biens, pour yvivre commodément et honorablement.

Despuis la plus grande dame, jusques à Zi i vertu dela plus petite femmelette , à toutes , la Z?Jm,Zevertu du mesnager reluit , par dessus unf emmc -toute autre , comme instrument de nousconserver la vie. Une femme mesnagèreentrant en une pauvre maison, lenrichit :une despencière , ou fainéante , destruitla riche. La petite maison saggranditentre les mains de ceste- : et entre cellesde ceste-ci, la grande sappétisse. Sa-lomon fait paroistre le mari de la bonnemesnagère, entre les principaux hommesde la cité : dict, que la femme vaillanteest la coronne de son mari : quelle bastitla maison : quelle plante la vigne : quellene craint ni le froid ni la gelée, estantelle et ses enfans vestus, comme des-carlate : que la maison et les richessessont de lhéritage des pères, mais la pru-dente femme est de par lÉternel. A cesbelles paroles profitera nostre mère-de-famillej et se plaira en son administra-tion, si elle désire destre louée et honoréede ses voisins , révérée et servie de sesenfans : si elle faict plus destat de lhon-neste richesse , que de la sale pauvreté :si elle aime mieux prester, quemprunter :si elle prend plaisir de voir tous-jours samaison abondammentpourveue de toutescommodités, pour sen servir au vivreordinaire, au recueil des amis , à la né-cessité des maladies , à ladvancement