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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

trafiqs. Ceste observation du battre estparticulière pour les provinces esquellesde jour à autre, durant l’année, les bléssont escous dans les granges, non pourles autres , où à la fois en esté, la récolteEnai du s’en faict en la campagne. Or, soit ou

blé pour le -t • •

pain de toute en gerbe ou en grain, estât certain seradressé de la despence de la maison pourtoute l’année , autant avantageusement,comme l’on void quelques-fois les ex-traordinaires consumer grande partie dela provision desseignée , afin que parfaute de prévoyance, l’on ne se treuve enpeine à l’arrière-saison. Telle provisionsera mise à part, en gerbe ou en grain ,selon le pays , avec distinction requise jd’un costé, pour la première table ; del’autre , pour la seconde : mais en lieu sibien asseuré , qu’elle se conserve sansdeschet, contre toutes sortes d’ennemisde bon mesnage, hommes et bestes. Enpays méridional, la provision de l’un etl’autre ordinaire , s’en faict dès la ré-colte, à la fois, pour toute l’année, voireà l’aire mesme , ou peu de temps aprèsdans le grenier. Car sçacliant, le père-de-famille , les terres destinées à sonpain particulier , il en faict charrier lesgerbes à l’aire en lieu séparé, et de là enblé au grenier, l’ayant au préallablefaictcribler et nettoyer en perfection , pouren retirer le seul et pur grain. Le bondes cribleui’es est meslé avec l’annone ,qui est le blé du grossier ordinaire, com-posé de toutes sortes de grains, fromens,seigles , orges , etc. ; ainsi tel meslingedict en latin annona (3). Aussi y sont ad-joustés les reliefs des semences, lesquelles,tout-d’une-main, faict lors réparer, dontil tire beaucoup de repos : par ce moyen,serrant sous clef toutes ses provisions de

semences , de pain pour ses ordinaires,y comprenant les pauvres, mesme pourla nourriture de sa poulaille et de seschiens , qu’il sort du plus grossier de tousses grains , la faisant retirer en lieu des-tiné pour la distribution ordinaire del’hyver.

Pour le pain du maistre, l’ordre d’em- T>Ucmirs surployer le blé frescliement battu , est très- ^‘tfrîaàuùl.bon : pour celui du valet, le longuementgardé en grenier aéré. Il a esté dict lepain venir plus délicat de cestui-là , quede cestui-ci ; la raison procède de cer-taine humeur que le grain se conservedans l’espi, estant enveloppé de sa balle,qui la rapportant au moudre, la faiineen demeure parfaictement blanche, à l’u-tilité du pain qui en est faict : à causeque , grossièi'ement moulue (pour l’hxx-midité du blé ), se sépare mieux du son,qu’estant fort brisée, ainsi que commu-nément se faict de blé sec (4). Et c’est ceque font les boulengers pour blanchir leurpain, quand, contraints de se servir deblé vieil battu, pour en corriger la séche-resse, le mouillent, l’envoyant au mou-lin. A la délicatesse du pain sert aussi telséjour du blé en la gerbe , d’autant quelà il s’assaisonne et prépare très-bien, etse conserve nettement sans nulle pous-sière , couvert de la balle de l’espi, si qxxeparfaictement net il en sort. Mais aussiiixoins de pain en provient-il, que de blélonguement gardé en grenier ; parce qu’es-tant cestui-ci endurci par l’aer, devenusec, par conséquent plus facile à moudre,que humide, faict plus de farine, et moinsde son que cestui-là. Et telle farine estensuite aisée à conserver longuement, àcaxise de sa sécheresse, qui vient à grandprofit au mesnage : attendu que toute

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