DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Qmi te™ Reste pour fin de la préparation depain. nostre pain , a se resouldre de son corps,c’est à dire , de quelle grandeur ou peti-tesse l’on le doit faire, pour le bien de cemesnage, article moins curieux que né-cessaire. Jusques ici j’ai esté religieuxobservateur de la coustume, et en ai dictDiscours les causes. Maintenantmon avis est, queticulier met- autres ne mesnagent bien le pain , queceux qui le font petit ; et ma raison,que le petit pain est fort aisé à dispenser,car estant mesuré au repas d’un homme,autant de pains seront mis sur la table,qu’il y aura des hommes au repas, et pardessus, quelques-uns davantage, pour su-pléer aux défauts qu’y pourroient estre.Ce que tant justement ne se peut faire dugrand , ains y allant incertainement ,l’on en donne presques tous-jours trop ,ou peu. Joinct, que c’est peine , que decoupper le grand pain, qui est suivie dela perte des mietes qui en chéent en lecouppant. Et ce coupper aussi, faict es-venter le pain, quand estant entamé , latrenche en demeure exposée à l’aer et àla poussière. Ceste incommodité s’y ad-jouste , que pour l’usage , l’on est con-traint manier souvent le grand pain, etpar conséquent est moins net, que celuiqui se manie peu. Avantage qui est aupetit pain , lequel, du four est porté di-rectement au grenier, et du grenier à latable. Les raisons contraires sont, que lepetit pain, est plus dangereux de se perdre,que le grand, le portant et rapportant dufour, pour son grand nombre , difficileà tenir conte , suject àmesme conte, et,qu’il se dessèche plustost que le grand.A quoi est respondu, que l’oeil et la clef dela mère-de-famille , arresteront la perte.Quant au dessécher, ce n’est chose qü’on
craigne, veu que c’est mesnage , de fairemanger le pain affermi, non jamais frès.Si on allègue la coustume, la répliquésera, qu’il n’y a pas moindre gloire derompre la mauvaise coustume, que degarder la bonne. Que c’est notoire es-pargne, que de dresser estât de la des-pence journalière du pain , et là se tenir:ce que beaucoup plus facile en est la pra-tique , en se servant du petit, que dugrand pain , revenant au soulagement dela inère-de-famille : mesme estant ques-tion d’envoyer aux champs en diverslieux , les gousters de ses mercenaires, àdiverses personnes, laboureurs, vigne-rons, pasteurs, vachers, etc. Estant aussiconsidérable la netteté , qui finira cediscours (2.6).
Voilà touchant au pain. Quant au vin,bien-que suivant le proverbe , une foisl’année l’on s’appreste à boire , commea esté dict ailleurs , et qu’en vendangesil ait esté pourveu à toutes sortes devins : si est-ce, que de jour à autre, l’onen diversifie et change, faisant des bois-sons particulières pour les banquets ,pour les malades , et pour autres occa-sions. D’aucunes desquelles , nous dis-courrons en cest endroit, afin que nostrepère-de-famille ayant chés soi tout cedont il pourroit avoir besoin, ne soit enpeine d’envoyer à la ville cercher tellesdélicatesses.
L’hypocras est la boisson la plus co-gnue de celles dont nous entendons par-ler , beaucoup prisée, pour sa valeur.Ainsi est-il composé : Dans trois cliopines,mesure de Paris , du plus exquis vinqu’aurés , blanc ou clairet, seront infu-sées, une once de fine canelle, bien choi-sie , mise en poudre , une livre de succre
Façons
d’hypocrat.