DU THEATRE D’AGRICULTURE. 69 3
Mal decucur.
fermée de sa couverture, et icelle liéeavec du filet, faictes la cuire du tout biensous les cendres, puis manger au patient,à quartiers, et dans peu de temps, l’a-postume crèvera ; à cela aidans les pré-cédens remèdes. Et pour en faire sortirl’ordure , le patient sera provoqué à cra-cher, usant d’une décoction de fleurs depavot rouge, ou de la poudre d’icelui, lepoids d’un escu, avec eaux de scabieuseet de pimpernelle, et de syrop d’hyssope,si la fièvre n’est grande ; ou l’estant, duviolât, dont s’ensuivra guérison, moyen-nant l’aide de Dieu .
Pour le mal de cueur , les remèdes ensont divers, comme diverses en sont lescauses. La faiblesse de cueur procédantde cause chaude pour fièvre, ou autregrande chaleur, se fortifiera donnant àboire au malade tous les matins, du vinde grenade, avec trochisque de camphre ,le poids d’un escu : ou en son lieu, unelozenge d’électuaire de diamargaritonfioid ; et après mettant dessus sa poic-trine , du coslé gauche , sandal ou lingetrempé en eau roze et vinaigre. Le ma-lade usera souvent des conserves de bu-glose , de bourrache , de violètes , devioles , de rozes, et de nénufar , les pre-nant seules ou assemblées ; et ce faict,boira de l’eau d’ozeille. Prendra aussi,quand il lui viendra à gré, du carbassat,de la bouque-dange, confitures sèches,servans à nourrir et rafreschir. Venant ladébilité du cueur , de cause froide etsèche , sans fièvre, avec tristesse et peur,le patient, à chaque matin , prendra unetablette ou lozenge d’électuaire de dia-musc , puis boira un peu de bon vin, oude l’eau de buglose 5 en suite, la poictrinelui sera oiucte, mesme du costé gauche ,
j avec huile narilin ; et là mesme appliquéj un sachet composé de fueilles de ronce,
! de mente , de grand muguet, de rosma-; rin , ennnaties sur le quarreau chaud ; etchaud aussi le sachet sera employé. UnI jour de la sepmaine, au matin, trois ouquatre heures devant disner, prendra dela fine tériaque de Montpelier , le poidsde demi escu, avec de l’eau de scr< t se ,ou du vin blanc, dans lequel aura trempédeux heures un peu de macis ; et parI fois de la confection d’alkermès : aussi; mangera souvent de l’escorce de citronconfite au sec, du gingembre, des coins,des poires, et des nois, confits au succre,au liquide , ou au sec. Les conserveschaudes sont bonnes au patient, commede fleurs de rosmarin , de glaieul jaune,ou flambe bastarde. Ne seraguières sansavoir à la bouche de la canelle, ou dupoivre, ou de la muscade, quelque peu ,pour lui fortifier sa débilité. Au remèdedu battement de cueur, que les médecinsappellent, cardiaque-passion , ou tremeurde cueur, est nécessaire recourir à eux ,afin que par leur ordonnance, le patientsoit saigné , et purgé à fons , prenantla maladie dès le fondement. Les remè-des externes qu’on appliquera àceste ma-ladie, si elle est accompaignée de fièvre,seront de boire, tous les matins, syrop delimons, ou de grenade, de jus d’ozeille,avec eau roze, de pourpier, et d’ozeille.
! Un linge trempé en eau de plantain, de; roze, et d’ozeille, avec un peu de vinai-; gre , sera appliqué dessus la mammehe! gauche. Est bon de faire souvent sentirj au patient choses aromatiques froides ,
I comme rozes, fleurs de violes , et de né-! nufar , aussi du vinaigre rozat. Et si laj tremeur du cueur est sans fièvre, ceux - ci
Battementde cueur t oucardiaque-patsion.