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Tome II. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.

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ce qu 'Olivier de Serres a voulu dire ; est-ce del’huile tiré du brusc ( ruscus aculeatus) , ou del’onguent fait avec ses feuilles ? Ou bien , en re-montant plus haut, l’auteur n’a-t-il voulu en-tendre que des remèdes tirés de ces végétaux,tels que leur décoction? Au surplus, tout cela estfort peu important aujourd’hui, et j’ai cru de-voir conserver le texte d 'Olivier de Serres telqu’il l’a laissé dans les éditions qu’il a revues.On lit dans celle de Lyon 167 5 , tirez en dubrusc, sans dire ce qu’il faut en tirer.

M. Gisors , dans son édition , remise en fran-çois , en 4 volumes in-8°. , a arrangé cela d’unemanière un peu violente pour le malade. «Prenez» du bracs ou des sarmens de vigne , en frottez» les dartres.» (Tome IV, page 54 7.)

Dans tout ce chapitre Olivier de Serres ne ditrien de la petite vérole, ni sur-tout de la ma-nière de s’en préserver par l’ inoculation. Il neparle que des moyens à employer pour faire dis-paroitre les marques qu’elle laisse après elle ,et il en cite un grand nombre (page 747) j ce11’étoit pas là l’objet le plus important pour lesgens de la campagne. Mais à l’époque où écri-voit Olivier de Serres , l’inoculation n’étoit pasencore connue et pratiquée en Europe : ce 11e futqu’au commencement du siècle dernier ( vers1710 ) qu’on en parla, et ce ne fut qu’à plus dela moitié du siècle qu’on osa la pratiquer enFrance (vers 1754).

Tout le monde connoît les ravages meurtriersde la petite vérole dans les campagnes , lors-qu’elle y règne épidémiquement, et combienelle mutile de victimes. Tout le monde sait aussiqu’on 11’en est attaqué qu’une fois , et que lors-qu’on l’a eue , on en est exempt pour toujours.

Le hasard a fait voir que, lorsque la maladieétoit communiquée artificiellement , ou parquelqu’accident, elle étoit plus douce, plus bé-nigne, moins redoutable par ses suites , et très-rarement meurtrière ; alors 011 l’ainoculée, c’est-à-dire, on l’a introduite en prenant du pus d’unbouton de petite vérole , et en le faisant péné-trer par le frottement, par une piqûre, ou parune petite incision , dans la peau de la personneà laquelle on vouloit la donner. Cette méthodea eu tout le succès qu’on pouvoit en attendre ,

Théâtre d’Agriculture , Tome II,

et les ravages de la petite vérole ont cessé d’êtreà craindre dans tous les endroits où l’inocula-tion a été généralement pratiquée.

Mais l’inoculation elle-même donnoit unemaladie , et bien des gens la redoutoient, poureux comme pour leurs enfans , lorsqu’une nou-velle manière, plus certaine encore , de se pré-server de la petite vérole , et même de l’anéantirentièrement, nous a été apportée d’Angleterrecomme l’inoculation ; c’est de la vaccine dont jeveux parler, qui est bien plus bénigne que lapremière , qui 11’exige ni préparations prélimi-naires , ni soins particuliers ; qui 11e donne pointde maladie, et qui n’est jamais suivie d’accident.La connoissance de ce nouveau moyen préservatifest trop importante aux campagnes , pour que jene l’indique pas ici, au moins succinctement.

La vaccine nous vient d’une maladie desvaches , appelée en anglois cov/pox ( vérole devache ), qui règne en certains temps dans plu-sieurs comtés de l’Angleterre. C’est une érup-tion de petits boutons inflammatoires au pis,ou aux trayons , qui est contagieuse de la vacheà l’homme , par une simple écorchure; mais quin’est point dangereuse.

Jenner, médecin anglois , s’est , le premier ,assuré que la vaccine se transmet souvent auxgens occupés à traire les vaches , lorsqu’ils ontdes gerçures ou des excoriations aux mains , etqu’après avoir été vaccinés ainsi naturellement,ils sont à jamais exempts de contracter la petitevérole. D’après cette observation , il a essayé detransmettre aussi la vaccine par inoculation àplusieurs personnes ; il a réussi. Les sujets vac-cinés ont été exposés à la contagion variolique ;Jenner leur a ensuite inoculé la petite vérole ,sans qu’aucun d’eux l’ait contractée. Le succèsle plus complet a répondu à son attente. Ainsia été trouvée la méthode préservative de la pe-tite vérole.

La partie vaccinée 11’offre généralement au-cun travail bien sensible du premier au troi-sième jour ; du quatrième au cinquième , onaperçoit de la rougeur et un peu d’élévation àtoutes les piqûres , ou à quelques-unes seule-ment : le vacciné y éprouve une démangeaisonassez forte. Du cinquième au septième jour, larougeur et la démangeaison sont beaucoup plusN n n n n