Band 
Erster Band mit acht und sechszig Kupfern.
Seite
XVI
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perience et par l’observation, est fausse, eile n’est plus qu’un jeu de calcul, qui se-duit les nouveaux inities dans la Science , sans les eclairer.

II n’y a donc qu’une thearie applicable dans l’exccution; il n’y a qu’une pratique iure,dont on puisse faire usage dans la physique. Si ee point de vue m’a dirige dans cetouvrage, je l’ai saisi eil Consultant la nature des rivieres et des fleuves. J’ose ainsi m’at-tribuer l’avantage d'avoir reduit l’arelntecture - hydraulique a des principes simples et del’avoir enrichie des experiences de tous les ages. Je parle dans cet ouvrage des entre-prises les plus importantes, faites dans cette partie, en Europe ; et parmi ces entreprisesj’en ai presente plusieurs, avec des projets d’amelioration, On ne peut douter, que cetteScience n’atteigne le plus haut degre de perfection, quand Prony aura mis la dernierexnain a son ouvrage, Si j’en ai hien saisi le plan, je puis esperer, qu’il fera un tout avecle mien,

Cette Science embrasse tant de branches de connoissances qu’il n’est rien moins eton-nant, que deux mille annees se soient ecoulees, depuis les prcmicrs grands ouvrages qu’elle•a executes jusqu’ü ce qu’elle fut arrivee a un certain periode de perfection ; jusqu’ä cequ’on l’ait etablie sur des regles emanees des observations sur la nature et sur ses effets.Contribuant effieacement a la civilisation des peuples, eile a ete honoree dans tous les gou-vernements sages qui en ont applique les principes au bien etre des nations. N’est ce paseile qui dirige les fleuves et les rivieres au plus grand avantage des riverains, qui opposedes barrieres aux irruptions de l’ocean, qui fixe des limites aux accrues des eaux, quiprepare aux vaisseaux des asyles assuresj n’est ce pas eile, qui convertit en fertiles gueretsles etangs et les landes, qui construit des moulins, mis en mouvemeut par l’eau, la vapeur»u le vent, qui s’oppose par de grandes ecluses aux atlaques des vagues , qui conduit descanaux sur les montagnes et dans les valees, qui rend les rivieres navigables et les for-teresses inexpugnables par le secours des inondations ? n’est ce pas eile, enfin, qui construitles ponts ä grandes arches et qui fait pratiquer, sur les lieux les plus eleves, aussi bien■que dans les plaines , des chemins, des voies publiques commodes et süres? Qui s’eton-nera maintenant que cette science ait excite l’interßt de tous les grands hommes et quel’cxecution de ses principes soit devenue aux yeux de sa IVIaj. l’Empereur Napoleon unmoyen infaillible, d’aggrandir la prosperite de ses vastes etats et d’eterniser sa gloire?

L’architecture hydraulique a cependant rencontre des hommes, qui ont meconnu lestavanlages qu’elle procure a l’humauite ; des esprits ignorants ne se sont pas bornes k re-fuser aux Ingenieurs les moyens necessaires ä l’execution de leurs grandes entreprises, ilsleur ont suscite des obstacles et ont ensuite abandonne la science ä la merci des intri-guants, sans songer que l’homme eclaire rencontre dans la nature seule assez de difficultesit combattre. Ainsi dans les pays ou le salut public n’est compte pour rien, on a laiss£un libre cours aux attaques des rivieres et de la mer; on a neglige la sürete et la com-jmodite de la navigalion, la construction des chaussees; on a vu executer des. ponts, quiau premier aspect, decouvrent une construction inepte et font presager une courte duree;on n’a pas eu egard ä l’etablissement des moulins ä ble; on a condamne nombre defamilles ä vegeter ä croupir, dans des terrains marecageux; on a perdu de vue l’utilitedes ruisseaux pour les irrigations des terres incultes ; on a vu enfin Pegoisme triomphersur de sages projets et sur les intenlions des vrais patriotes. Cependant il faut, esperer,que l’importance de l’architectnre-hydraulique sera bientöt sentie partout et que tous lesgouvernements lui accorderont les secours qu’elle me rite.