DE LANGUEDOC. 129
eu chemin les ouvrages que l’on rencontroit;on réserva toute sa curiosité pour le Malpas.C’est une montagne de tap aussi dure quedu roc; elle a treize toises de hauteur, ettrois cent soixante pieds de large, à l’endroitoù elle est rencontrée par le Canal. Aprèsque Riquet l’eut fait excaver de chaque côté,à la profondeur de quarante-cinq à cinquantetoises, il remarqua qu’elle étoit solide, etprit le parti de traverser les quatre-vingt-cinq toises restantes par une voûte , qu’ilconduisit en droite ligne et en tiers-pointdans la montagne. Elle a cinq toises de largeet quatre et demie de hauteur. Au-dessous ilfit excaver le Canal, laissant à droite et àgauche une banquette de quatre pieds pourle tirage des barques. Cette voûte est d’uneseule pièce (1), ainsi que les murs et lesbanquettes. Le Canal a au-dessus de lui envi-ron huit toises et demie de rocher couvertd’un peu de terre, où il y a des oliviers et
(1) La filtration et l’action de l’air ayant dégradécette voûte naturelle , il a fallu la soutenir d’abord parun cintre en charpente ; mais cette construction faiteen bois de sapin, ne dura que dix ans : on prit enfin leparti de construire une voûte en maçonnerie dans la plusgrande partie de l’étendue de ce passage souterrain.
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