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guedoc auprès de M. de Riquet. Cette phraselaisse quelque chose à deviner. Etait - ce
» tenir le Canal fût trouvée impraticable dans l’exécu-» tion. Je jugeai que c’étoit le seul moyen de mettre en» défaut les talens de M. de Clerville. M. de Riquet,
« après avoir approuvé mon idée , me recommanda le» plus grand secret, afin d’empêcher les commissaires» du Roi de se mêler , en aucune manière , de ce grand« ouvrage ; et afin de conserver par ce moyen , non-» seulement la gloire de l’invention , mais encore celle» de l’exécution, s’il avoit le bonheur d’en avoir l’en-» treprise générale. Dès ce moment, les intérêts de M. de» Riquet et les miens furent inséparables.
v II ne me restoit, pour unique ressource , qu’à faire» échouer le devis , signé le chevalier de Clerville. Pour» y réussir, il falloit en présenter un meilleur ; mais la» crainte oùj’étois que mon travail ne lui fût renvoyé» pour en dire son avis , et qu’il ne s’appropriât le fond» de mon ouvrage , fut cause que je ne pris point ce«parti. Je me déterminai donc, après avoir consulté» M. de Riquet, à morceler le devis général que je divisai» en deux parties. La première comprenoit depuis Tou-» louse jusqu’à trois cent cinquante toises au-dessus du» pont de Trèbes , et les rigoles de la montagne Noire» pour conduire les eaux de différens ruisseaux au point» de partage. Je laissois la seconde partie depuis Trèbes » jusqu’à Narbonne , à la prudence et au savoir du com-» missaire-général, sans m’expliquer , en aucune ma-» uière, des différentes routes quej’avois déjà projetées,