220 HISTOIRE DU CANAL» seulement la gloire de l'invention , mais» même celle de l’exécution , s’il avoit le» bonheur d’en avoir l’entreprise générale ».Ainsi Riquet étoit alors regardé comme ayantla gloire de l’invention; et pour qu’il la pûtconserver, M. Andréossy se vouoit au plusprofond silence.
Ce n’est point assez d’un rival , M. An-dréossy en trouve un autre dans M. deCîer-ville. 11 le peint comme un homme jalouxde s’approprier le travail d’autrui , inca-pable de juger les plans qu’on lui présente ,et se hâtant d’y mettre son nom , quoiqu’ilssoient inexécutables. M. de Clerville a été leprédécesseur immédiat de Vauban dans lacharge de commissaire-général des fortifica-tions ; pendant vingt ans , il a dirigé les tra-vaux soit des ports, soit des forteresses. Tousles projets des grands ouvrages exécutés enFrance à cette époque, lui ont été soumispar Colbert ; et lorsqu’on se rappelle avecquel discernement Louis xiv choisissoitdanschaque partie les homme les plus capables ,on peut, sans témérité , croire au mérite deM. de Clerville. Jamais cet homme , si avided’usurper la gloire due à l’inventeur duCanal, n’a prétendu y avoir le moindre droit.