224 LIVRE SECOND.
de l’homme ! et cependant notre vietient, par une double nécessité, à l’exis-tence de ce faible végétal. Quelle éton-nante création, que celle où l’on ne peutrien ôter sans que le tout ne périsse ! OSaadi ! tu la connaissais sans doute, cetteloi sublime de l’harmonie de l’univers,lorsque tu chantais les amours du rossignolet de la rose ; de la rose muette et superbe,et du rossignol, rival d’Orphée .
Bientôt dans les bosquets du superbe Orient,
La plus bulle des fleurs, la rose va paraître ;
Elle s’ouvre, aussitôt son parfum se répand.
La nymphe des jardins, surprise en la voyant,Croit qu’une autre Vénus en ce jour vient de naître.Pour la reine des fleurs on veut la reconnaître $
La rose est étonnée ; une aimable pudeurCouvre son sein charmant d’une vive rougeur.
Le rossignol la voit, frappe l'air de son aile,Respire ses parfums, voltige sur son sein,
Chante l’amour heureux, et s’envole soudain,Quoiqu’il ait fait serment d’être toujours fidèle.
Arrêtons un moment le volage oiseau,