LETTRE XXII.
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dites à la Nature de se peindre elle-même,et vous verrez éclore un chef-d’œuvre. —Je ne vous comprends pas. — Si vousvoulez que je me fasse mieux comprendre,fermons les volets, et restons dans l’obscu-rité. — Pour le coup, voilà de vos folies.Eh bien ! continua-t-elle avec une viva-cité charmante, quand nous serons dansl’obscurité , qu’y verrons-nous ? — N ouscroyez plaisanter, et moi je vous assureque nous y verrons la Nature se peindreelle-même avec une variété et une finessede tons inimitables. — Parlez-vous sérieu-sement, dit M. me de S*** d’un air étonné?— Ignorez-vous que , pour mieux voirdans les secrets de la Nature , Héraclite se creva les yeux , et que, s’il faut encroire quelques écrivains, Homère , malgrésa cécité , a peint de si brillants spec-tacles , que depuis trois mille ans l’imagi-nation ne nous a rien offert de pareil? (1)
(') Quelques écrivains ont révoqué en doute la cécité