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LIVRE TROISIEME.
Jl s'auime, il s'élance, il franchit la carrare,
Son pied ferme ci léger fait voler la poussière,L’espace devant lui s'efface et disparaît :
Ainsi de l’arc flexible on voit partir un trait.
Sa crinière est flottante, il redresse sa tète;
Terrible , impétueux , plus prompt que le zéphir,
Jl semble qu'un dieu seul puisse le contenir,Cependant dans sa course un faible enfant l’arrête,Et, docile à sa main, il est fier d'obéir.
Mais je puis des liumains mieux prouver la puissance :Tout cède à leurs efforts, tout cède à leur science :L’homme veut, et soudain il plane dans les cieux jLa foudre uu seul moment étonne son audace,ïl lui présente un fer et désarme les dieux ;
En vain de l’Océan l’abîme le menace,
Sur une frêle barque il brave sa fureur:
Àu milieu de forage il s'avance en vainqueur;
Une aiguille le guide, il voit un nouveau monde,
Et l'aimant lui soumet tous les déserts de l’onde.L’homme peut encor plus : par un sublime effort,
Je l'ai vu vivre en paix dans sa retraite obscure,
Braver ses passions comme il brave la mort,
Etre guer sur son cœur comme sur la Nature.
Vous rappelez-vous cet ancien sage,qui disait qu’il n’avait fallu que de faiblesroseaux, pour soumettre , éclairer et