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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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Les biefs où s'arrê-tent les bateaux untemps assez long, doî-\ent être plus grandsque les autres.

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entre les portes, sur 5,2 mètres de largeur et 2,6 mètres de hauteur de chute 1doivent être placées à 185 mètres les uns des autres, dans des canaux de 14.6mètres de largeur; et comme ces dimensions sont celles qui sont les plus ordi-naires pour les canaux et pour les écluses, lorsque je parlerai d’écluses éloignées,j’entendrai toujours qu’il y aura environ 190 mètres d’intervalle entre les portesd’aval de l’une et les portes d’amont de l’autre.

Si deux écluses de 2,6 mètres de ehùte n’étaient éloignées que de 49 mètres,l’eau que l’on tirerait du bief pour faire monter un bateau le ferait baisser deprès de 65 centimètres, et il n’y en resterait pas assez pour le tenir à flot. Il fau-drait donc, pour faire naviguer ce bateau, tirer près d’une éclusée du bief su-périeur. 11 en faudrait encore tirer une seconde pour le faire monter, tandis qu’iln’en aurait fallu qu’une si les écluses eussent été éloignées.

On voit, par cet exemple seul, l’inconvénient d’avoir des écluses trop prochesles unes des autres. On verra bientôt que cet inconvénient est encore plusgrand lorsque les écluses sont contiguës.

Il arrive assez souvent que plusieurs bateaux se trouvent ensemble dans unmême bief, surtout dans les endroits où les mariniers s’arrêtent où couchent.Alors, pour qu’il n’y ait point d’eau perdue inutilement, il faut que ce bief oùils s’arrêtent soit très long, ou s’il ne peut pas l’être il faut lui donner unegrande largeur, afin que les éclusées que les bateaux montants tirent de ce biefne fassent pas baisser l’eau assez considérablement pour empêcher qu’ils nesoient à flot, ou que les bateaux descendants n’en fassent pas entrer assez pourqu’elle passe par-dessus les portes. Si le bief n’a que la largeur ordinaire de 14.6mètres, il faudrait qu’il eût 1950 mètres de longueur pour qu’il pût s’y arrêterdix bateaux montants, si dans le même temps il n’en descendait aucun; autre-ment, l’on serait obligé de tirer des biefs supérieurs une partie d’eau pour lestenir à flot ; il est vrai que s’il se trouvait dans ses biefs autant de bateauxdescendants que de bateaux montants, il ne serait pas nécessaire que les biefsfussent fort grands ; mais cette observation fait voir qu’en faisant le projet d’uncanal il faut avoir attention à cette circonstance pour former des ports, c’est-à-dire des parties de canal plus larges, ou des bassins, dans les endroits où ildoit s’arrêter des bateaux pendant quelque temps.

Comme il y a peu de canaux à point de partage où l’on ne soit dans le cas deménager l’eau pendant quelques mois de l’année, il faudrait que les éclusierseussent attention d’empêcher que plusieurs bateaux ne s’arrêtassent alors dansles biefs de peu d étendue.