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II paraît qu’il y aurait aussi de l’avantage à placer des pièces de bois pourformer les cliardonets : elles seraient boulonnées avec la maçonnerie et cram-ponées. Il serait aisé, en chassant de la mousse dans les joints, d’empêcherl’eau de passer entre cette pièce de bois et le mur; mais il serait surtout bienplus facile de la tailler juste pour faire joindre la porte, que de tailler juste lapierre.
Les poteaux délardés en champfrein laissent aussi perdre souvent beaucoupd’eau, parce que s’ils ne sont pas taillés très exactement ils ne portent que surune de leurs arêtes, et alors il n’est guère possible que, se touchant sur une
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très petite surface, l’eau ne trouve quelque jour pour se faire passage. Pourles faire toucher sur toute leur largeur, il suffira de les tailler en portion decercle, l’une concave et l’autre convexe; par ce moyen , quand même les portesferaient un mouvement de quelques pouces, elles se toucheraient toujours fortexactement. La courbure de ces poteaux doit faire partie d’un grand cercle de3 à 4 mètres de rayon.
On fait toutes les portes des écluses des canaux de navigation en ligne droite;cependant dans les grandes écluses de la marine on en fait de courbes. M. Bélidor a cherché à démontrer que ces portes n’étaient pas plus solides que des portesdroites; mais cela ne doit s’entendre que lorsque les pièces de bois courbes ontété prises dans des pièces de bois droites que l’on a diminuées; car il estcertain que si les bois sont courbes naturellement, ils sont beaucoup plus fortspour résister à la poussée que des bois droits, surtout lorsqu’ils sont appuyéspar les deux extrémités. Mais je ne traiterai pas ici cette question, parce queles portes des canaux de navigation n’ayant pas une bien grande largeur, etles bois ne devant pas être extrêmement gros, il est beaucoup plus commodede les faire droites que courbes.
Les colliers embrassent ordinairement tout le montant du chardonct, qui,ayant presque toujours 52 centimètres de diamètre, produit un frottement con-sidérable, surtout lorsque la flèche de la porte ne fait pas contrepoids. On pour-rait placer un gros boulon dans l’axe du poteau, et substituer alors un petitcollier qui envelopperait cet axe; mais on ne pourrait guère employer ce moyenqu’avec les poteaux à chanfrein, tels que je les ai décrits ci-dessus, parce qu’ilfaut nécessairement que les poteaux ronds aient un mouvement dans leur collierpour pouvoir s’appuyer contre le chardonet, ce qui ne serait pas aisé avec unaxe. Du reste, il faut que ces colliers soient fixés à des ancres de fer encastrésfort avant dans la maçonnerie, et c’est pour cet objet que l’on doit faire de bonsmassifs pour les recevoir.