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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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la maçonnerie, et si les liaisons que l’on doit observer empêchent le parement des’écarter, elles ne peuvent du moins empêcher un vide où l’eau peut se logeret porter beaucoup de tort à la solidité de l’édifice. C’est pourquoi je pense quele mélange de la pierre de taille pour former des chaînes est un abus, et qu’àpeine on doit en mettre aux angles, que l’on ferait aussi solides en pierres larges,mais en bas-appareil, qu’en pierres fort épaisses ; c’est aussi la raison pourlaquelle le mélange de la brique avec la pierre de taille, ou même avec le grosmoëllon, peut encore être nuisible à la solidité. Ainsi, je crois que la maçon-nerie qui convient le mieux aux écluses surtout est celle dont les parementssont faits en moellons durs très larges, mais peu épais, taillés sur leurs faces etleur lit. On pourrait même laisser sur les parements de ces moellons un bossagepeu saillant, mais suffisant pour arrêter les harpons des mariniers, qui dégradentconsidérablement les joints, contre lesquels ils ne s’arrêteraient plus.

Je n’entrerai pas dans de plus grands détails sur la construction, qui, du reste,ne diffère en rien de ce qu’elle doit être dans les autres ouvrages, surtout poul-ies fondations dont j’ai traité assez au long dans un mémoire particulier sur cetobjet.

CONCLUSION.

Je finirai ici ce que je voulais dire sur les écluses des canaux de navigation.Sans doute que je trouverai des personnes qui auront des avis différents du mien,mais ce n’est souvent que dans le choc des opinions que se découvre la vérité.Je prierai seulement d’observer que j’ai marché dans une carrière encore nou-velle, et qu’il ne serait pas étonnant que je me fusse égaré quelquefois. J’aicherché surtout à fixer les idées sur l’usage des différentes écluses que l’on emploiedans les canaux, et à faire voir en quoi leur différence influait, soit sur ladépense de l’eau, soit sur la commodité de la navigation et sur la dépense desconstructions. J’ai cherché à rendre raison de toutes les parties des écluses, àdéterminer toutes leurs dimensions, et à n’en fixer aucune que sur quelque fon-dement au moins probable, lorsqu’il n’a pas pu être rigoureusement démontré.

Les hypothèses que j’ai suivies pourront être contestées ; mais je crois avoirtoujours cherché à outrer les désavantages, et à ne pas compter sur la trèsbonne construction. Les ouvrages publics sont faits par des entrepreneurs, quel’on ne peut pas toujours surveiller avec la plus grande exactitude, et il fautcompter que, malgré les devis les mieux faits, il y aura souvent de la négligencedans l’exécution.