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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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partie contient aussi des mines de charbon très abondantes. Ces trois objets.les vins, les bois et les charbons de terre, formeront une portion considérabledu commerce du canal, et le produit en peut être évalué avec assez de certitude.

Le commerce actuel de la Bourgogne le plus considérable est celui des vins,qu’on appelle vins d’ordinaire, parce que l’on en débite une très grande quan-tité pour Paris . Celui des vins de première qualité se fait avec l’étranger, prin-cipalement du côté de l’Allemagne. Il s’en fait aussi avec Paris , mais il n’y a pasd’apparence que l’on en envoie jamais beaucoup par eau , non pas que celle es-pèce de transport leur fasse perdre leur qualité, comme bien des gens le pensent,mais parce qu’un commerçant ne pouvant que difficilement charger un bateauentier de ces sortes de vins pour le même pays, il faudrait qu'il attendit qu'unautre négociant chargeât aussi pour le même endroit. D’ailleurs la différence de8 à 10 fr. que l’on épargnerait par chaque queue sur le prix actuel, qui fait unobjet assez considérable pour les vins d’ordinaire qui s’achètent dans le pays(50 à 80 fr., est un très petit objet sur des vins de première qualité qui sevendent 6 à 800 francs.

Je me suis assuré chez les meilleurs commissionnaires de l’état et de la qualitédes vins d’ordinaire qui se récoltent moyennement dans les différents vignobles.et qui sont à portée d'être voiturés par le canal; et suivant leur estimation j'aicompté que le tiers de ces vins se transportait actuellement du côté de Paris ,tant par la Loire que par terre ou par l’Yonne . Cette quantité augmentera sansdoute considérablement dans la suite, et l’on peut bien penser qu’elle excéderamême la moitié de la récolte actuelle. Le transport des vins du Châlonnais etMaçonnais, depuis les vignobles à Digoin , se fait à assez bon compte avec desvoitures à bœufs qui les conduisent de dépôts en dépôts, placés environ à troislieues de distance les uns des autres, ce qui fait la journée ordinaire de ces voi-tures. Il en coûte environ 2 fr. par queue pour chaque dépôt. ce qui revient à05c. par lieue, à quoi, ajoutant les frais de dépôts, ceux de commis, et les fraisde voyage des marchands, on doit porter ce prix moyennement à 75 c. par lieue.

Ce vin reste souvent longtemps dans ces dépôts, et il y arrive beaucoup dedéchet , ainsi que par le coulage et l’infidélité des voituriers : on compte au moinstrois pièces de déchet sur cent pièces, ce qui revient à 3 fr. par queue. Onajoutera encore pour le chargement, reliage, tonnelier, etc., 50 c. par queue.

La voiture par terre, depuis les vignobles au canal, ne sera moyennement quede deux lieues et un sxième, et s'estimera 75 c. par lieue, quoiqu’il ny ait niretard ni dépôt. On comptera aussi 50 c. par queue pour le déchet et décharge-ment, reliage, tonnelier, etc. On verra par le tableau suivant.