— 150 —
Rigole de la Cozanne.
Jauges de tous lesruisseaux.
Procédés pour lesjauges.
On n’a pas formé la rigole de la Dheune du côté du midi, quoique ce fût cellequi amènerait la plus grande quantité d’eau au canal, puisqu’on peut faire verserdans cette rigole les rivières de Cozanne, de la Vielle, celle de Saint-Jcan-de-Trécy et d’Esscrtencs, dont les deux premières sont plus considérables qu’au-cune des autres. Mais ayant reconnu par les nivellements que la source duruisseau de Mont-Aubri, qui est le plus près de Long-Pendu, était trop bassepour être amenée au point de partage, et les autres sources étant éloignées, jeles ai négligées parce qu’on en a une assez grande quantité, sauf cependant às’en servir si on en a besoin.
Après avoir tracé remplacement des rigoles, on a jaugé tous les ruisseauxqui les traversaient à l’endroit même des rigoles, afin d’avoir exactement leurproduit. Ces jauges ont été faites en différentes saisons et en différents tempspendant le cours de deux années complètes, toujours huit jours au moins aprèsles pluies, et lorsque les ruisseaux ne contenaient plus que des eaux de source.On s’est servi de différents moyens pour avoir ces jauges; mais il y en a quel-ques-unes que l’on n’a pas pu avoir bien exactement, par plusieurs circons-tances dont on rendra compte.
La meilleure jauge est la jauge ordinaire, qui est une feuille de fer blancpercée de plusieurs trous, ronds de 27 millimètres de diamètre. On la placedans le courant des ruisseaux, et après avoir mis des gazons à l’entour pourqu’il ne s’échappe de l’eau que par les trous, on les débouche les uns après lesautres, jusqu’à ce que l’eau ne s’élève plus qu’à 2 millimètres au-dessus de cestrous. Les petits ruisseaux qui ne fournissent que 18 pouces d’eau et au-dessousont été jaugés de cette manière; mais lorsqu’ils ont été plus considérables, onn’a pas pu se servir de cette jauge, parce qu’elle occupe beaucoup de place, etque les ruisseaux ont souvent peu de largeur. Pour les ruisseaux un peu con-sidérables, on s’est d’abord servi d’une jauge de bois formée d’une planche quel’on place sur champ dans le fond de la rivière. Cette planche est accompagnéede deux montants qui laissent 1,5 mètre d’intervalle entre eux; on fait glisserentre ces montants une règle accompagnée d’une coulisse, et on la descendjusque sur la surface de l’eau, en sorte que l’on fait passer tout le ruisseau dansun parallélogramme exact. Cette méthode paraît devoir être très juste; mais,comme il passe par celte ouverture une grande quantité d’eau, le ruisseau nese met pas de niveau, ou du moins il se forme une pente vis-à-vis la jauge, quidonne plus ou moins de vitesse à l’eau, de sorte que l’on se tromperait assezsouvent si on ne comptait que la vitesse qui répond au quatre neuvièmes de la