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Quantité d’eau de pluie par an.
On trouve dans les mémoires de l’Académie des Sciences , année 1733, qu’ilétait tombé moyennement à Béziers , pendant les huit années qui précédèrentcelle-là, 433 millimètres de hauteur d’eau de pluie, tandis qu’il n’en était tombéà Paris que 379 millimètres ; d’où l’on peut présumer qu'il tombe environ unhuitième d’eau de pluie à Béziers de plus qu’à Paris .
Par les expériences que M. Maret, secrétaire de l’académie de Dijon , a faitesen cette ville depuis vingt ans, il a trouvé par année moyenne 705 millimètres.On a trouvé à Beaune pendant quinze ans le même résultat , et pendant lesmêmes années on a trouvé à Montmorenci, près de Paris , qu’il en était tombé460 millimètres ; d’où l’on peut conclure qu’il tombe en Bourgogne environ untiers plus d’eau de pluie qu’à Paris , et un quart de plus qu’en Languedoc .
Il paraît d’abord singulier qu’il pleuve plus dans les parties méridionales dela Fi •ancc que dans les parties septentrionales, mais on a aussi fait cette obser-vation en Italie , où M. le marquis Poleni a trouvé qu’il tombait moyennementà Padouc 1,164 mètre d’eau, année commune.
Probablement il tombe plus d’eau à Béziers et à Padouc qu’à Paris , parce queces deux premières villes sont proches de la mer ; et, comme il s’élève beaucoupplus de vapeurs de la mer que des terres, la pluie qui s’en forme doit tomber enplus grande abondance sur les côtes que dans l’intérieur des continents.
Les hautes montagnes qui se trouvent dans le milieu des continents sont uneautre cause de l’abondance des pluies qui balance sans doute la première, et c’estprobablement la raison pour laquelle il pleut davantage en Bourgogne que surles côtes. Cette province se trouve également éloignée des deux mers, et dansl’un des pays les plus élevés de la France , puisque la plupart de ses rivières yprennent leur source.
On observe encore que, dans le même climat, il pleut beaucoup plus dans lespays de montagnes que dans la plaine. On a observé en Angleterre que dans leshautes montagnes du pays de Lancastrc il tombe, année commune, 1,41 mètred’eau, tandis que dans la plaine il n’en tombe que 514 millimètres.
J’ai aussi remarqué, par les jauges que j’ai faites aux environs de Long-Pendu,que le ruisseau de Marigny, qui prend ses sources au mont Saint-Vincent, quiest la montagne la plus élevée du pays et qui est opposée directement au ventqui amène le plus ordinairement la pluie, fournissait au moins un huitième plus