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HUITIÈME MÉMOIRE
Août 1781.
La communication du Doubs à la Saône , entre Dole et Saint-Jean-de-Lône,est, après celle de la Saône à la Seine et à la Loire , le projet le plus utile quel’on puisse proposer pour l’avantage des deux Bourgognes. Le peu de dépensede son exécution fait juger que l’on trouvera aisément les moyens d’y pourvoir;et l’espérance que celte jonction faite engagerait à rendre le Doubs navigablejusqu’à Besançon , et même à former un canal de navigation à point de partagepour joindre cette rivière au Rhin , près de Strasbourg , doit presser les admi-nistrateurs des deux provinces de commencer un grand projet qui n’est pasmoins utile au royaume entier qu’aux pays confiés à leurs soins.
Le Doubs , pris à une lieue et demie au-dessous de Dole , n’est éloigné de laSaône , prise à une lieue au-dessus de Saint-Jean-de-Lône, que de deux lieueset demie, tandis qu’en suivant tous ses contours depuis le même endroit jusqu’àla jonction actuelle de ces deux rivières, le Doubs a dix lieues et demie de lon-gueur, et n’est guère plus navigable dans cette longueur que dans les partiessupérieures.
La chaîne de montagnes qui sépare le vallon du Doubs de celui de la Saône ,quoique assez élevée entre Auxone et Dole , finit tout-à-coup, et se termineauprès de cette dernière ville; et, quoiqu’il y ait encore bien loin de là à leurconfluent, il n’y a cependant entre ces deux rivières qu’une grande plaine, cequi est assez rare dans la nature, et par là très favorable à leur jonction, d’au-tant plus que cet endroit est celui où elles se rapprochent le plus.
Celte jonction est encore singulièrement facilitée parla petite rivière de Blaine,qui prend sa source à peu de distance de Dole , suit d’abord parallèlement au