— 257 —
écluse, mais seulement une partie de la fouille du canal. Comme le lit de laDheune est extrêmement sinueux depuis Cheilly à la Saône , il faudrait souventcreuser de nouveaux lits, et il n’y aurait peut-être pas même d’épargne sur ladépense des déblais, et d’autant moins que pour ne pas inonder les prairies ilfaudrait donner moins de hauteur aux écluses et en augmenter par conséquentle nombre.
Le sieur Gauthey compléta donc le projet du canal par Aulun, en projetantle long de la Dheune un canal neuf qui était en cette partie commun avec le canalqu’il projetait par l’étang de Long-Pendu.
Dans le même temps que le sieur Gauthey travaillait au projet de ces canaux.M. le comte de Raguet-Brancion, mestre de camp, et M. le chevalier de Raguet-Brancion, son frère, qui avaient été instruits des opérations que faisait le sieurGauthey, présentèrent au conseil un mémoire par lequel ils proposèrent de secharger de la construction de ce canal, avec une compagnie qu’ils disaient avoirformée, moyennant un droit de 25 centimes par lieue pour le transport de490 kilogrammes de marchandises, effets et matières de toute espèce qu’on yferait passer.
En conséquence, le conseil chargea M. de Baquencourt, alors intendant deBourgogne , de faire vérifier les projets que lui fourniraient MM. de Braneion .par les ingénieurs qu’il commettrait à cet effet.
MM. de Braneion étaient membres des états de Bourgogne , qui étaient assem-blés au mois de mai 1778 : ils virent le sieur Gauthey, et conférèrent avec luisur ce projet. Celui-ci leur montra tout son travail, qui était fort avancé : tousles plans étaient levés et dessinés, soit pour le canal, soit pour tous les ruisseauxqui devaient être employés pour fournir des eaux au point de partage. Les ni-vellements étaient aussi faits en entier; mais celui de la Bourbince devait êtrerecommencé, attendu que l’on s’était aperçu, vers la fin de l’opération, que leniveau d’air dont on se servait avait été dérangé.
MM. de Braneion n’avaient point levé de plans, ni fait de nivellements; ilsavaient seulement conclu la pente des rivières d’après les moulins qui y sontassez fréquents, mais ils s’étaient trompés de 35 mètres sur la Bourbince, c’est-à-dire , de près d’un tiers en plus, et sur la Dheune de 6,5 mètres en moins. Rsn’avaient produit qu’une espèce de carte, copiée probablement d’après la cartede France , et un mémoire succinct des avantages de ce canal, avec un aperçude l'estimatif, qui n’était pas effectivement fort éloigné du vrai. Mais comme cespièces étaient assez informes et fondées sur des probabilités plutôt que sur des