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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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Les travaux ont été commencés au mois de mars 1783, sous l’administration des États deBourgogne , qui furent autorisés, par lettres-patentes du 30 décembre 1783, à emprunterdouze millions pour pourvoir aux dépenses des trois canaux dont la construction était ordonnéedans la province ; dont neuf millions pour le canal du Centre, deux millions cinq cent mill ■livres pour le canal de Dijon à St.-Jean-de-Lône, et cinq cent mille livres pour celui du Doubs à la Saône . Les élus ouvrirent successivement des emprunts, à mesure que le progrès desouvrages les rendaient nécessaires. Le dernier montant à 3,102,000 liv., et qui complettait lesdouze millions, fut ordonné par leur délibération du 9 janvier 1789. Quoique le crédit del’administration de la Bourgogne , dont la sagesse était reconnue, se fût toujours parfaitementsoutenu, cet emprunt eut quelque peine à s'effectuer en totalité, par l’effet de la situation poli-tique où se trouvait la France à cette époque.

D’après le compte rendu au 1 er janvier 1790, les dépenses faites pour les trois canaux,

Il V,

compris les intérêts des emprunts, s’élevaient, pour le canal du Centre , à. . 9,951,970

Pour le canal de Dijon à Saint-Jean-de-Lône , à.1,416,114

Pour le canal du Doubs à la Saône , ou de Saint-Symphorien, à. 532,561

Total. 11,680,445

Et les dépenses à faire pour achever le canal du Centre seul, dont on supposait que les tra-vaux pourraient être terminés en 1790, étaient évaluées à près de treize cent mille francs,sans y comprendre les intérêts des sommes empruntées. Un nouvel emprunt était donc devenuindispensable.

Le 15 janvier 1790, les élus de la province ordonnèrent un travail sur la comptabilité destrois canaux, et prescrivirent de ne plus payer sur les mandats du commissaire, mais seulementsur leurs ordonnances. Ils firent en meme temps des démarches auprès de l’assemblée nationale,pour obtenir qu’elle déclarât dette de la nation les emprunts faits par la province, et qu’ellel’autorisât par un décret à en ouvrir un nouveau de quinze cents mille liv., qui, sur une tellegarantie , ne pouvait manquer d’être facilement rempli. Mais cette demande n’ayant point étéaccueillie, les élus prirent, le 7 avril 1790, une délibération pour ordonner d’interrompre lestravaux , et de terminer les comptes des entrepreneurs.

Les administrations départementales avant été créées vers cette époque, celle du départementde Saône-et-Loire voulut prendre sous sa direction les travaux et les comptes du canal duCentre. Les élus de Bourgogne se fondant sur les lettres-patentes qui les avaient investis, ex-clusivement à toute autre autorité, de la direction des canaux de la province, résistèrentouvertement .à cette prétention. Mais une loi du 8 août 1790 leur retira l’administration ducanal, et leur imposa l’obligation de rendre compte des sommes empruntées et dépensées pourcet ouvrage h des commissaires, nommés à cet effet par les directoires des départements de laCôte-d’Or et de Saône-et-Loire . Ce compte fut arrêté à l’époque du 20 juillet 1790.

D’après les résultats qu’il présente, on voit que ce n’était pas sans raison que les élus deBourgogne avaient ralenti les travaux au commencement de 1790, ce qui leur avait été attirédes reproches assez vifs de la part du public, et que la dépense faite surpassait considérable-ment le montant des emprunts. En effet, la dépense des canaux , en y comprenant la naviga-tion de la Seille, tant les sommes payées que celles qui restaient à acquitter, est portée, au