ÉLOGE HISTORIQUE
DE M. GAETHEY ,
INSPECTEUR GÉNÉRAL DES TONTS ET CHAUSSÉES.
Êmiland-Mame GAUTIIEY naquit le 3 décembre 1732 , à Chalon-sur-Saône , où son pèreexerçait la profession de médecin. Après avoir fait ses premières études dans cette ville, il serendit à Versailles chez un oncle, professeur de mathématiques des Pages, et s’adonna souslui à l’élude de celte science. Il parvint bientôt à le suppléer et même à le remplacer dans sesfonctions, et semblait destiné à parcourir cette carrière qui s’ouvrait d’ellc-même devant lui.Effrayé cependant par l’idée de ce qu’il y avait alors de précaire et d’incertain dans l’existenced’un professeur de mathématiques, cl voulant se créer un état moins dépendant du public etdes évènements, il vint à Paris étudier l’architecture chez Dumont, premier maître du temps.
L’Ecole des Ponts et Chaussées avait été créée par M. de Trudaine en 1747, et Perronet avait été choisi pour la diriger. Ce célèbre ingénieur, dont la mémoire est si chère à ses dis-ciples, qui sut exciter dans son corps l’esprit d’honneur et d’émulation, et faire naître la con-sidération qui en est la suite, prodiguait ses soins et ses leçons à des élèves choisis, dont lesdispositions lui présageaient d’avance les succès qu’ils ont depuis obtenus. On engagea M. Gau-they à partager leur sort et leurs espérances.
La bienfaisance du gouvernement, devenue depuis plus active, ne s’étendait pas alors, commeelle le fait actuellement, sur toutes les branches de l’instruction. Les élèves n’étaient pasappointés, et le défaut de fortune de M. Gaulhey aurait pu mettre un obstacle à son entréedans l’Ecole . Mais cette difficulté fut bientôt écartée. Les professeurs étaient choisis parmiles élèves , et recevaient une rétribution qui devenait la récompense des efforts plus grandsqu ils étaient obligés de faire. Les connaissances de M. Gauthey le rendaient propre à occuperla place de professeur de mathématiques, et elle lui fut effectivement donnée peu de tempsaprès son admission à l’École.
Il y resta plus de deux ans : partageant son temps, pendant l’hiver, entre les fonctions deprofesseur et l’étude de l’architecture ; pendant l’été, visitant les ateliers des travaux impor-tants que Ton exécutait alors, et recueillant près de leurs célèbres constructeurs les connais-sances pratiques que rien ne peut jamais suppléer, et qu’il a possédées dans un rare degré de