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Tome premier.
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perfection. Cest ainsi quil a vu successivement la construction des ponts dOrléans, de Mantes ,de Joigny, de Montereau, de Cravant et de Saumur .

Cependant lamour de létude, et le désir ardent dêtre utile à sa patrie en contribuant auprogrès dun art qui était encore presque dans son enfance, toujours présents à la pensée deM. Gautliev, lui faisaient souhaiter vivement de trouver quelque occasion détendre scs con-naissances et de les mettre en pratique. 11 connaissait de réputation les projets des canaux dela Bourgogne , projets qui devaient exciter doublement son attention, puisquils avaient pourobjet daugmenter la prospérité de son pays natal, et quils pouvaient lui donner les moyensde développer le génie de son art. Les États de cette province ayant créé en 1758 une nouvelleplace de sous-ingénieur, elle lui fut accordée, et il vint résider dans le lieu de sa naissance, etprolonger par ses soins les dernières années de la viellesse dune mère chérie. Peu de tempsaprès sa nomination, il fut reçu membre de lancienne Académie des Sciences de Dijon .

M. Gauthey attendit longtemps la réalisation des espérances quil avait conçues. Les anciensprojets paraissaient oubliés, et les vues du gouvernement se portaient alors sur des travauxdun autre genre. Pendant les premières années, scs fonctions de sous-ingénieur se bornèrentà tracer des routes queladministration des États de Bourgogne faisait exécuter en grand nombre.Réduit à ee genre de construction,assez ingrat quand on ne rencontre pas dans les localités desobstacles extraordinaires, il chci'cha du moins à apporter quelque perfectionnement à la ma-nière dont le travail était exécuté, et principalement au mode dadministration des corvées. LesÉtats de Bourgogne firent à cette époque des changements dans le système de distribution destâches, qui furent réparties daprès scs vues dune manière plus égale et plus juste.

M. Gauthey était depuis cinq ans sous-ingénieur, lorsque les propositions de M. Dcspuller ,au sujet du canal de la Saône à lYonne , réveillèrent sur cet objet lattention du publie et celledu üouvernement. Lidée très ancienne de couper en Bourgogne la chaîne de montagnes quila traverse par un canal de navigation,et de réunir ainsi dans le centre même de la France lesdeux mers qui la baignent à ses extrémités, navait jamais été entièrement oubliée : on avaitmême fait à diverses époques des tentatives pour lexécution de cet important ouvrage; mais ilfallait alors quun esprit actif et entreprenant en fit revivre le projet, et en présentât de nou-veau tous les avantages.

On a depuis longtemps remarqué combien le sol de la France est heureusement disposé pourle commerce. Baigné par deux mers dans la plus grande partie de son contour, et parcourudans tous les sens par de grandes rivières, il semble que lart nait presque rien à ajouter auxbienfaits de la nature : et pour offrir au commerce, dans tous les sens et dune extrémité àlautre, des voies de communication non interrompues, il suffit de réunir dans les lieuxleurs sources se rapprochent les grands fleuves qui arrosent l'empire dans leurs directionsopposées.

La Garonne, qui baigne les superbes campagnes du Languedoc, et qui va former à Bordeaux lun des plus beaux ports de la France, compose avec lAude un système de navigation parti-culier , et qui ne se lie point d'une manière directe avec le système général de la navigation delempire. Ces deux rivières ont été réunies sous Louis XIV, et le canal du Languedoc a le pre-mier ouvert un passage de lOcéan à la Méditerranée.

Si lon examine ensuite le cours des autres fleuves et les lieux ils prennent leur source.