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si elle est nouvelle, que l’ignorance et l’envie ne combattent; et souvent ceux qui doivent re-cueillir les fruits du succès sont les premiers à faire naître les empêchements et les dégoûtsautour d’un homme dont leurs enfants béniront un jour la mémoire.
Nous ne suivi ons point M. Gaulhey dans les époques successives de la lutte qu’il a soutenue.Un des mémoires qui doivent faire partie de cette collection , est destiné à donner tous lesdétails historiques qui sont relatifs au canal du Centre . On y verra son célèbre constructeurperdre et reprendre alternativement l’espérance ; tantôt soutenu par la bienveillance d’un mi-nistre , et découragé par sa retraite ; tantôt animé par l’approbation des savants, et dégoûtépar ces critiques qu’il est si facile et en même temps si pénible de repousser ; ballotté et con-trarié par les intrigues et les intérêts de tous les genres, surmonter ces obstacles, et atteindreenfin, après seize ans d’efforts et de travaux, le but qu’il n’avait jamais cessé de poursuivre.
Quel que fût chez M. Gaulhey le sentiment de scs forces,et quelque confiance qu’il eût dansses propres talents et dans les ressources de son génie, il n’oublia point que le génie seul, aidémême des recherches théoriques les plus étendues , ne peut suffire au constructeur. Destiné àconduire une grande entreprise, il voulut connaître les grandes entreprises du même genre ; etdans les intervalles que lui laissaient ses fonctions de sous-ingénieur, et les sollicitations et lestravaux relatifs au canal du Centre, il visita les canaux de la Picardie, ceux d’Orléans et dellriare, le canal de Givords et le canal de Languedoc. 11 parcourut ces monuments en artisteconsommé, qui sait apprécier les succès, et qui juge les fautes ; qui aperçoit dans les effortsque l’art a déjà faits , les moyens de lui en faire faire de plus grands, et de ses erreurs mêmesait tirer des moyens de perfection. 11 rapporta de ses voyages beaucoup de connaissances nou-velles qui, jointes à celles qu’il avait acquises dans ses premières études, le rendaient peut-êtrel’homme de son temps le plus capable de bien projeter et de bien conduire le grand ouvragedont il ne cessait de presser l’exécution.
Un objet d’une nature différente vint au millieu de ses travaux le distraire de ceux qui l’occu-paient alors tout entier. 11 s’agissait de défendre à la fois la cause delà vérité et celle d’un maîtreet d’un ami ; jamais il n’hésita dans une pareille circonstance. La bonté et la franchise fai-saient la base de son caractère, et si quelquefois on a cru pouvoir lui refuser la première de cesvertus, ce n’est jamais qu’autant qu’il la sacrifiait à l’autre.
L’église de Sainte-Geneviève s’élevait depuis longtemps sur les dessins du célèbre SoufHot.Scs fondations, qui avaient souffert de grandes difficultés et pour lesquelles on avait épuisétoutes les ressources de l’art, étaient enfin terminées. On voyait peu à peu saillir au-delà du soltoutes les parties de cette magnifique construction, et déjà l’on pouvait juger facilement de leursdimensions, et comparer les points d'appui avec les masses des voûtes et des dômes qu’ils allaientbientôt soutenir, l.c peu de surface des piliers du dôme et la faible largeur des quatre voûtessur lesquelles il devait être porté excitèrent quelque surprise. Ces proportions étaient comparéesavec celles des chefs-d’œuvre que l’architecture avait produits jusqu’alors , et l'on blâmait lahardiesse de Soufllot dont le génie semblait braver les difficultés et se jouer des obstacles.M. Patte, déjà connu par quelques écrits sur l'architecture, publia en 1770 un Mémoire, dansjequel il se proposa de démontrer l’impossibilité d’élever un dôme, tel que Soufllot le projetaitalors, sur les points d’appui dont on commençait à saisir les formes et les dimensions.
M. Gautliey répondit à cette attaque. 11 détruisit d’abord les objections de son adversaire,