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Tome premier.
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en montrant quelles nétaient point daccord avec la théorie ordinaire des voûtes dont M. Patteavait voulu sétayer, et prouva quen admettant sans restriction cette théorie, l'épaisseur despiliers et des arcs-doubleaux était plus que suffisante pour résister à la poussée du dôme. Il allaplus loin, et éleva des doutes sur lapplication générale de la théorie dontil sagit. Les derniersprogrès de cette branche de la mécanique sont dus en partie à ces vues de M. Gauthey et à desexpériences quil fit dans la suite.

Il restait à lever une dernière difficulté pour sauver la gloire de Soufflot des reproches aux-quels il était exposé, et pour rassurer entièrement le public et les artistes sur les craintes quilsavaient conçues; et la seule objection quon neût pas faite était précisément celle qui méritaitla plus sérieuse attention. Il était assez prouvé que la tour du dôme et les arcs-doubleaux quila portent avaient assez dépaisseur pour soutenir laction de ses voûtes; mais, en comparantle peu de surface des piliers avec les masses énormes dont ils sont chargés, on pouvait craindreque la pierre dont ils étaient construits ne leur présentât pas assez de résistance, et quelle nevint à sécraser sous leur poids. On navait alors aucun moyen de juger exactement de la valeurde cette objection. M. Gauthey fit construire une machine destinée à faire connaître la résis-tance des différentes espèces de pierres, et entreprit sur cet objet une suite dexpériences quiont paru en 1774, dans le journal de Physique de labbé ltosicr. Elles furent répétées parSoufflot et par Pcrronct; on reconnut que la surface des piliers du dôme de Sainte-Genevièveétait plus que suffisante, et Soufflot se détermina en conséquence à augmenter les dimensionsdu dôme quil projetait alors. Lexpérience a semblé contredire ces vues et justifier les craintesquelles avaient dabord calmées. Il est survenu après la construction du dôme des dégradationsdans les piliers qui ont paru mettre en danger lexistence de cet édifice,et daprès lesquelles onsest cru obligé, pour prévenir sa chute, demployer des précautions extraordinaires. M. Gau-they a encore ramené les esprits dans cette circonstance : il a fait voir dans un Mémoire impriméen lan vi, que ces dégradations étaient la conséquence dune méthode vicieuse employée dansla construction des piliers; que les mouvements qui en étaient résultés dans les masses de lé-difice étaient parvenus à leur terme, ce qui était également démontré par scs expériences etpar celles de M. de Prony; et quactuellcment, les mortiers étant arrivés au dernier degré decompression, il ne restait plus quà remplacer les pierres éclatées dans les parements et à re-construire les colonnes situées aux angles des piliers. Ces conclusions furent adoptées par lacommission chargée par le ministre de lintérieur de remédier aux dangers auxquels le plus beaumonument darchitecture du dernier siècle semblait exposé. M. Gauthey avait examiné, decette occasion, les causes des dégradations du dôme de Saint-Pierre à Rome , et avait indiqué,pour en arrêter les suites, des moyens plus efficaces que les cercles de fer dont il est entouré.Il établit la nouvelle théorie des voûtes et publia des tables qui règlent les épaisseurs des culéesdes différentes espèces de voûtes en berceau.

M. Gauthey ne fut nommé ingénieur en chef des travaux delà province de Bourgogne qu'en1782. 11 venait alors de construire à Chàlons-sur-Saônc, un mur de quai conçu daprès desprincipes nouveaux, auxquels il avait été conduit par des expériences relatives à la poussée desterres. Ces recherches furent imprimées dans les Mémoires de lAcadémie de Dijon.

Les projets du canal du Centre avaient été approuvés en 1779 par le conseil des inspecteursgénéraux des Ponts et Chaussées, M. Gauthey trouva loccasion de faire revenir Pcrronct de#