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premières préventions qu’il avaient conçues, en lui montrant que, d’après les découvertes pos-térieures à son rapport, les eaux qu’on pouvait conduire au point de partage étaient beaucoupplus considérables qu’elles n’avaient dû lelui paraître; il eut dès-lors la satisfaction de le compterau nombre de ses approbateurs. Les élus de Bourgogne , engagés par le gouvernement à semettre à la tète de cette entreprise,avaient chargé M. l’abbé de Lusines, l’un d’entre eux, defaire l’examen des avantages particuliers qu’elle devait procurer à la province. En acceptantcette proposition, ils demandèrent d’être autorisés à exécuter par emprunt, et en même tempsque le canal du Centre, ceux delà Saône à l’Yonne, et du Doubs à la Saône , faisant suite augrand canal de la Saône au Rhin , actuellement connu sous le nom de canal Napoléon. Cettedemande leur fut accordée; et comme on devait commencer la communication de la Saône àl’Yonne par la partie deDijon à la Saône , M. Gauthey, qui devait conduire à la fois ces troisgrandes entreprises, proposa quelques changements dans la direction que Perronet lui avaitdonnée. Ils reçurent son approbation, et on commença à mettre la main à l’œuvrc en 1783.
L’année suivante, le prince de Condé, alors gouverneur de la Bourgogne , vint poser la pre-mière pierre des trois canaux. On frappa une médaille destinée à perpétuer le souvenir de cettecérémonie, et l’entreprise prit une activité et un éclat qui devint la première récompense destravaux de M. Gauthey. Les élus de la Bourgogne avaient créé pour lui la place de directeurgénéral des canaux de cette province, et l'avaient dédommagé des sacrifices que lui avaientcoûté des projets faits d’abord à ses frais et sans autorisation.
Les travaux du canal du Centre se prolongèrent pendant huit ans. On ne put y mettre l’eauqu’à la fin de 1791. Pendant cet intervalle M. Gauthey résidait dans une maison de campagnequi se trouvait près du centre des ateliers qu’il avait à surveiller. Presque uniquement secondédans l’origine par un neveu dont il avait dirigé l’éducation (1), et qu’il avait depuis quelquesannées associé à ses travaux, il s’entoura de jeunes gens actifs et laborieux dont quelques-unsont été depuis incorporés dans les ponts et chaussées. L’un d’entre eux, M. Viennois, avaitété chargé par S. E. le ministre de l’intérieur, alors directeur des ponts et chaussées, de laformation des projets du canal de Saint-Quentin à Cambrai , et nommé peu de temps avant samort ingénieur en chef aux travaux de ce canal. M. Forcy a dirigé comme ingénieur en chefles travaux du canal de La Saône à l’Yonne, dans le département de la Côte-d’Or .
La longueur du canal du Centre est de onze myriamètres et demi, et il a coûté onze millionscent vingt mille livres. L’estimation de M. Gauthey s’élevait environ à la somme de sept mil-lions deux cent mille livres,et il semblerait , au premier coup-d’œil, qu’elle a été de beaucoupdépassée par la dépense. Mais on verra dans le Mémoire dont il est parlé ci-dessus , qu’on aexécuté pour plus de trois millions six cent mille livres d’ouvrages qui n’avaient point été com-pris dans la rédaction de l’estimatif, et que la différence qui s’est présentée entre l’évaluation
(I) M. Fourcher, dont il s’agit ici, mourut très jeune, son extrême application au travail avant de bonneheure altéré sa santé. M. Gauthey, qui l’avait initié à toutes les connaissances de son art, n’a point laisséignorer que, sans le secours de son neveu, il fût difficilement parvenu à porter seul à leur point de perfec-tion des projets aussi considérables que ceux du canal du Centre , et pour lesquels il fallait qu’il tirât toutesses ressources de lui-même. 31. Fourcher, qui réunissait, comme son oncle, les talents et les qualités ducoeur, serait devenu l’un des ingénieurs les plus distingués, et on ne peut trop regretter sa perle. Il avaitrtc nommé, par les élus de la Bourgogne . inspecteur du canal de Charolais.