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Tome premier.
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lie ceux quisv trouvaient portés et la somme quils ont réellement coûté, sc réduit à trois centdeux mille livres. Ce nest pas la trente-quatrième partie du montant de la dépense; et il estétonnant, sans doute, quon ait pu prévoir avec une pareille exactitude le prix dun ouvrageaussi considérable, dune exécution aussi longue, et dans lequel il entrait des éléments aussivariés et aussi sujets à dépendre des circonstances. On na point cru devoir oublier dans lélo"ede 31. Gauthey un trait aussi remarquable, et dont il existe peu dexemples. On sait effective-ment que, quels que soient le soin et lintelligence que lon apporte à la rédaction de lestimatifdun grand ouvrage, on ne peut jamais espérer d'avoir prévu la dépense avec une exactitudeparfaite ; et les plus grands succès, dans ce genre, appartiennent à ceux qui sen sont le moinsécartés.

Lorsquon terminait les travaux du eanal du Centre, les effets de la révolution commen-çaient à se faire sentir. Ladministration des élus de Bourgogne avait perdu son crédit, et neput effectuer les derniers emprunts nécessaires pour payer les dépenses surpassant les neufmillions que le roi avait accordés dans lorigine. On trouva les moyens dy subvenir en appli-quant au canal du Centre des fonds qui dabord avaient été destinés aux autres canaux de laBourgogne , et les ouvrages furent heureusement terminés avant une époque qui les aurait né-cessairement interrompus.

La plupart des institutions commençaient à disparaître ou à changer de face, et on peut re-marquer, à cette occasion, que le corps des ponts et chaussées a beaucoup moins souffert queplusieurs autres des froissements auxquels ils furent tous exposés. Les administrations des paysdétals venaient dètrc remplacées par les administrations départementales, quand il fut or-donné que leurs ingénieurs seraient incorporés dans les ponts et chaussées, et que de nou-veaux inspecteurs généraux seraient choisis parmi eux. M. Gauthey fut désigné lun des pre-miers; et lorsquau mois de novembre 1791 il naviguait pour la première fois sur le eanal duCentre, dans lequel on venait de mettre les eaux, il reçut la lettre du ministre qui lui annonçaitsa nomination. Il eut en meme temps la satisfaction de terminer le plus important onvrageque lon eût construit en France dans le dix-huitième siècle, et de voir ses efforts récompenséspar la confiance du gouvernement.

31. Gauthey se rendit lannée suivante à Paris , il a exercé jusquà sa mort les fonctionsdinspecteur général. Pour donner une idée des travaux qui loccuperont pendant les quinzeannées qui se sont écoulées jusquà cette époque, il faudrait pouvoir entrer dans le détail detoutes les affaires dont il fut chargé, de tous les projets quil a examinés, et de toutes lesdiscussions auxquelles il a pris part. Ce détail serait immense et ne peut trouver de place ici.

Il suffira de dire que, possédant la confiance des ministres et des personnes qui se trouvaientà la tète de ladministration des ponts et chaussées, admis dans la plupart des commissions,et presque toujours chargé des inspections les plus difficiles et les plus importantes, il estpeu de grandes affaires qui ne lui aient été soumises, ou à la décision desquelles il nait par rticipé.

31. Gauthey a su conserver, en traversant la révolution, le caractère indépendant et éner-gique dont la nature lavait doué. Ne sc mêlant daucune affaire étrangère à son service, maisne balançant jamais à remplir un devoir, il neut à rougir devant aucun parti, parce quil nesut en caresser aucun. Sa liberté ne lui fut point ravie : le besoin que lon avait de ses talents