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Tome premier.
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pont quil a fait bâtir à Navilly, sur le Doubs , ni le château et l'église quil a fait élever à Cha-gny et à Givry, petites villes situées aux environs de Châlons . Il a parlé de cette église à locca-sion des réparations à faire au Panthéon , et il proposait, pour résister à la poussée du dôme,des moyens analogues à ceux quil y avait employés. Leffort de cette poussée sc trouve entiè-rement reporté sur les murs extérieurs, tandis que le dôme semble uniquement soutenu parhuit colonnes isolées.

Nous nouhlicrons pas ici les témoignages de confiance qua reçus M. Gauthey de MM. lespropriétaires du canal de Briarc, qui lavaient choisi pour leur conseil, et pour diriger lesouvrages quils y font exécuter. Mais ce dont nous aimons surtout à conserver le souvenir, ce«ont les sentiments daffection et de reconnaissance que ses compatriotes ont montrés pour lui.La ville de Châlons, qui depuis la construction du canal du Centre a pris de singuliers accrois-«emenls en étendue et en prospérité, na point oublié que cest à M. Gauthey qu'elle en estredevable ; et après lui avoir donné pendant sa vie de nombreux témoignages de sa gratitudepour ce bienfait et pour les services quil na point cessé de lui rendre, elle fait actuellementexécuter son buste en bronze. La ville a voulu perpétuer, par un monument durable, la mé-moire de lhomme auquel elle devait sa prospérité et du savant qui lavait illustrée.

M. Gauthey avait une aptitude singulière pour le travail. Son esprit était dune extrêmejustesse, et il ne soccupait jamais dune question ou d'une affaire sans lenvisager sous toutes sesfaces et sans lâcher de lapprofondir. 11 apportait dans la discussion la netteté quil avait dansles idées. On a trouvé quelquefois que ses discours portaient un peu trop dempreinte delénergie de son caractère : mais cette énergie ne sc faisait plus sentir après la discussion, etelle cédait aussitôt la place à la bonté qui en faisait la base. Son style était simple comme sesmœurs , et il pensait que pour les matières qui loccupaient ordinairement il était plus essentielde dire des choses vraies et neuves que de les orner dexpressions recherchées. Nous ne parle-rons point de ses mœurs si pures, ni de sa probité si austère ; ce serait louer, pour avoir rem-pli ses devoirs, un homme qui a toujours été au-delà.

Les traits dont nous venons de le peindre ont pu être remarqués par toutes les personnesqui lont connu, et chacune delles peut rendre hommage à la vérité du portrait que nous ve-nons de tracer. Qu'il nous soit permis den ajouter dautres moins propres à frapper les regardsdu public, et qui ne pouvaient être saisis que par ceux qui vivaient dans son intimité. Lâmede M. Gauthey était remplie de la sensibilité la plus vive et la plus douce ; il avait conservé ,dans un âge avancé, ces émotions presque involontaires qui semblent nappartenir quà lajeunesse, et qui se perdent ordinairement par leffet de lexpérience et les soucis de lâge mûr.Il ne connaissait de délassement à ses travaux que dans la gaieté quil aimait à voir régner à satable, et il cherchait lui-même à la faire naître. Son esprit aimable était plein de ressources ; ilcontait volontiers, et nous lavons vu rarement rappeler un trait relatif à des parents qu'il avaitchéris, sans que ses yeux remplis de larmes ne dévoilassent lémotion que lui causait leur sou-venir. Il aimait le théâtre dont il avait fait autrefois un de ses délassements, et il ne lisaitjamais une pièce dontlc sujet fût attendrissant, sans sabandonner aux impressions que lauteuravait voulu faire naître. Il était secondé par son épouse dans le bien quil aimait à faire , etdont son excellent cœur lui faisait un besoin. Beaucoup de personnes de leur famille et plu-sieurs étrangers en ont reçu de léducation et une existence. Mais parmi les personnes qui leur