TRAITE
DE LA
CONSTRUCTION DES PONTS.
INTRODUCTION.
La plupart des architectes se sont principalement occupés de la décoration desmonuments. Us ont laissé dans leurs ouvrages peu de recherches sur la construc-tion en général, et sur celle des ponts en particulier. Cependant ces édifices, qui,à la vérité, ne sont point susceptibles de recevoir une décoration très variée,sont peut-être ceux qui présentent le plus de difficultés dans l’exécution, soitpour la manière de les disposer dans les divers emplacements, soit pour l’éta-blissement des fondations, soit pour la construction des voûtes. Les ponts, sou-mis comme tous les ouvrages de l’art aux effets inévitables du temps, ontencore à résister à l’action puissante des courants d’eau qui tendent sans cesseà les renverser, en minant les bases sur lesquelles ils reposent. Ces bases sou-tiennent des masses énormes , souvent fort éloignées des points d’appui, et dontla construction est beaucoup plus difficile qu’elle ne le serait si le poids de cesmasses agissait perpendiculairement.
La grande importance des ponts, destinés à établir des communications entreles diverses parties d’un empire, à ouvrir des voies au commerce des différents peu-ples , et qui exigent presque toujours des dépenses considérables, doit les placerau premier rang des constructions dont le gouvernement fait les frais. L’objetqui doit occuper essentiellement celui qui les exécute, est de leur donner unesolidité à toute épreuve : la véritable économie consiste, pour les ouvrages pu-blics, et surtout pour ceux de l’architecture hydraulique, à leur procurer la pluslongue durée possible. Mais s’il est essentiel de ne rien négliger pour arriver à cebut, il l’est également de ne point le passer : les dépenses occasionnées par l’éta-blissement des ponts étant toujours considérables, on doit éviter toutes celles quine sont pas absolument nécessaires, ménager avec soin les fonds du gouverne-