ment, et lui laisser les moyens d’entreprendre la construction de ceux qui nousmanquent encore, et dont il est souvent important de hâter l’établissement.
Parmi les architectes qui se sont occupés des ponts, Palladio est presque leseul qui soit entré dans quelques détails sur la construction de ccs édifices. Lepeu qu’il en dit se borne à quelques maximes générales sur l’emplacement qu’ondoit leur assigner de préférence, sur le nombre des piles, et sur le rapport del’épaisseur de ces piles avec l’ouverture des arches qu’elles soutiennent. Albertiet Serlio ont également proposé quelques règles pour déterminer cette épais-seur, mais aucun de ces architectes n’a allégué de raisons pour appuyer son sen-timent, et le peu d’accord qui se trouve entre leurs préceptes suffît pour em-pêcher qu’on ne leur accorde beaucoup de confiance.
Les ingénieurs les plus célèbres du siècle dernier ont publié des descriptionstrès instructives des moyens qu’ils ont employés pour la construction des grandsponts dont ils ont dirigé les travaux. On doit regretter que ces intéressants ou-vrages soient en trop petit nombre, et que le luxe avec lequel ils ont été publiéss’oppose à ce qu'ils soient aussi répandus qu’il serait à souhaiter qu’ils le fussent.Cependant les modèles qu’ils présentent, et qui fournissent des exemples de l’ap-plication des règles, laissent encore à désirer un ouvrage où les règles elles-mêmes soient exposées et discutées dans un ordre méthodique ; c’est le but quel’on s’est proposé de remplir ici. En donnant sur ce sujet un essai assez étendu ,on a espéré engager les ingénieurs à s’en occuper, et à former un corps de sciencequi nous manque.
Le seul livre dont l’auteur ait considéré sous un point de vue général la con-struction des ponts, est l’ouvrage de Gauthier, inspecteur général des ponts etchaussées, qui fut imprimé en 1$28. A cette époque, les connaissances sur cettematière étaient peu étendues, et il n’existait encore en France qu’un petit nombrede grands ponts bâtis avec soin. Cependant Gauthier traita delà plupart des objetsqui les concernent ; il saisit les différentes questions dont il fallait s’occuper, etproposa aux savants d’en chercher la solution. Une partie de ccs questions a de-puis été traitée par différents auteurs ; mais aucun ne les a toutes embrassées ,et il reste beaucoup de choses à dire sur chacune d’elles.
Les mémoires de l'Académie des sciences de Paris renferment les recherchesles plus intéressantes qui aient été faites sur l’application de la mécanique à laconstruction des ponts, et surtout à celle des voûtes. MM. de la Hire, Bernoulli,Couplet, Bouguer , ont successivement examiné les effets des forces auxquelles lesdifférentes parties des voûtes sont soumises. la forme qu’il conviendrait de leur